ILS PARLENT DE NOUS

#Entretien avec le journaliste Marc Ezrati pour L'activité Immobilière_N°776 (Janvier 2017), L'habitat participatif répond à une demande de plus en plus forte ... Interview réalisée en novembre 2016 et dans laquelle je démontre que l'habitat participatif puise sa force dans sa diversité et qu'il est avant tout une démarche, une posture de projet.
#Article sur le projet coopératif LOTUS dans LE JOURNAL DU GRAND PARIS (Mars 2017), Un immeuble participatif prochainement construit dans le 19° arrondissement
#Portrait dressé par l'hebdomadaire LE JOURNAL DU GRAND PARIS (N°79 du 6 au 12 Juin 2016), par Grégoire Mérot : Portrait Rabia Enckell - Juin 2016 
#Article dans L’ATELIER DU JOURNAL LE MONDE La voie de l'Habitat Participatif, par Laetitia SELLAM Fév.2016
#Article TRAITS URBAINS L'habitat participatif, vers la maturité ? par Agnè Fernendez oct. 2015
#Article dans leparisien Ils ont conçu leur immeuble avec leurs futurs voisins - Avril 2015
#Carmen Santana (Agence ARCHIKUBIK - Barcelone) nous fait l'honneur de citer Courtoisie urbaine lors de sa Conférence au Pavillon de l'Arsenal, le 12 décembre 2013 (à partir de 1h:03mns:09s)
#Article 20minutes.fr 22 avril – L’article sur les 30 ans du Lavoir du Buisson est conclu par le projet de l’écohabitat groupé de L’Île-Saint-Denis.
#Le 6b par streepress.com - par Robin D’Angelo
#Livret Carte Blanche à Julien Beller - Ecole du renouvellement urbain // J’ai été l’invitée de Julien Beller - Page 18-19 du livret.
Article « le logement autrement » dans le journal de l’Ecoquartier fluvial de L’île-saint-Denis_Nov.2013
#Entretien avec Marie Gerault, pour le webzine effloresens
#Entretien avec la journaliste Stéphanie Lemoine pour midi:onze 
#Groupe "Logements participatifs et modes opératoires"
#Article sur Construction21.eu - Nov. 2012:  Projets immobiliers et valeur  humaine sur  Construction21.eu/france

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La lettre de septembre 2013

AU SOMMAIRE

Interview avec Daniel JAUNAS de «  La Fonderie (1) » a VANVES
Ailleurs, pour nous inspirer ici
Nos projets en cours

 

INTERVIEW AVEC DANIEL JAUNAS

(1) En 1977, trois couples émettent le souhait de trouver un nouveau cadre de vie pour eux et leurs enfants. Dès lors, ils constituent un groupe en 1984 avec dix autres familles. La recherche d’un terrain aboutit au site d’une ancienne fonderie de Vanves (92). Quatre ans plus tard, après beaucoup de travail, les familles emménagent à La Fonderie. 

Daniel Jaunas, membre du groupe d’habitants à l’initiative de la Fonderie, partage son vécu sur ce lieu, lors d’une rencontre avec Rabia Enckell, Pro moteur de courtoisie urbaine.

Par Nathalie BOYER

 

Rabia E. : – Vous connaissiez-vous, entre familles, avant de vous lancer dans le projet ?

Daniel J. : – C’était le cas pour le groupe initial composé de trois familles et qui habitaient Paris 15ème. J’ai, pour ma part, été le dernier à rejoindre le groupe. Nous avons, par ailleurs, beaucoup œuvré pour le développement d’une relation amicale entre nous avant de nous installer dans « les espaces », quatre ans plus tard. Cette période a été très sympa. Nous nous rendions beaucoup de services. Nous avons appris à bien nous connaître. J’habitais Issy-Les-Moulineaux, une famille habitait Vanves, deux familles habitaient Paris, une à Sainte-Geneviève et une le Pré-Saint-Gervais.

 "Nous avons appris à bien nous connaître » Fond de photo "la fonderie" - ©Rabia E.

Rabia : – Et comment avez-vous procédé ?

Daniel J. : – Pendant toute la période de réflexion sur le projet, on se voyait quasiment toutes les semaines à raison d’une soirée hebdomadaire. On organisait un week-end par mois, le samedi ou dimanche ou les deux jours à Paris ou dans un gîte du côté d’Orléans, de la Picardie, de Reims, ou en Normandie…

Rabia : – Jeunes, les enfants ne participent pas réellement au projet. En revanche, je suis persuadée que ce type de lieux de vie influence leur enfance.

Daniel J. : – Ma fille M. avait cinq ans quand on a intégré le collectif et neuf au moment de l’emménagement. Elle s’est tout de suite  rapprochée d’une autre gamine qui avait trois mois d’écart.  « La fonderie » restera le lieu de leur enfance  où elles invitaient leurs copines du quartier. Je me rappelle de l’une d’elle qui a trouvé refuge dans l’immeuble pendant la séparation de ses parents.

Rabia E. : – Justement, dans l’absolu, la communauté n’est-elle pas un facteur de stabilité pour tous, petits et grands ?

Daniel J. : Si bien sûr.  C’est certain. Nos enfants vivaient et évoluaient ensemble. Deux baby-sitters, un garçon et une fille, assuraient  la sortie de l’école,  tous les jours,  de 16h30 à 19h30. A ce jour, seulement deux personnes – dont moi pendant quatre ans avant de revenir – sont parties à cause d’un divorce. Les autres couples de la Fonderie ont passé tous au moins vingt cinq ans de vie commune.  J’ai questionné les différents autres habitats. Il n’y a jamais eu beaucoup de divorces. Nous sommes très largement en dessous des moyennes des divorces en France (un tiers des couples) et encore plus à Paris (un couple sur deux). (Rires).

Mais j’avoue que chacun de nous a eu beaucoup de chance en n’ayant pas besoin de faire face, tout seul ou en groupe,  à des soucis majeurs (maladies, accidents, chômages, deuils…). On ne peut pas dire qu’on a vraiment testé notre solidarité mais je suis sûr qu’au sein du groupe, on aurait pu compter les uns sur les autres pour faire face à ce genre d’évènements.

On a, par ailleurs, accompagné les évènements heureux personnels et professionnels de certains d’entre nous. Trois habitants ont, par exemple,  créé leurs entreprises et assuré leurs premières réunions de conseils d’administration dans la salle commune de la fonderie.

Rabia E. : – Une séparation est-elle plus délicate à gérer dans ce type de lieu de vie, plus collectif qu’ailleurs ?

Daniel J.: – Absolument ! Je l’ai vécu. Le groupe a vécu mon divorce comme une trahison. On pourrait penser que j’ai divorcé avec le groupe ! Je suis revenu à la Fonderie quatre ans plus tard, mon ex-épouse ayant déménagé et il a fallu reconstruire les liens.

Rabia E. : – S’agissant des espaces,  comment avez-vous géré la salle et l’appartement commun ? Comment  arrêtiez-vous des décisions communes ?

Daniel J. : – On ne s’est pas vraiment posé de questions. On avait tous accès aux espaces en commun (chambres d’amis, salle polyvalente, jardin…) et les choses se mettaient en place d’une façon très spontanée.

 « les choses se mettaient en place d’une façon très spontanée » - ©La Fonderie

Rabia E. : – Vous n’aviez pas établi de règlement de copropriété ?

Daniel J. : –  Non. Toute la vie de l’immeuble fonctionne sans règlement.  Tout le monde paye exactement pareil et décide ensemble.

Rabia E. : – Est ce la transcription de  l’idée « un homme, une voix »?

Daniel J. : – « Un homme, une voix »… Je comprends l’idée mais nous avons opté pour l’unanimité. C’est un principe que nous avons réussi à tenir. Je pense qu’une proposition adoptée à la majorité peut générer des frustrations chez ceux qui n’ont pas adhéré. Dans les décisions prises à la majorité, il y a tout de même un rapport de force. Quand on travaille à l’unanimité, on prend le temps de bien se mettre d’accord les uns avec les autres. L’unanimité fonctionne quand tu fais des réunions fréquentes, mensuelles ou quasi mensuelles. Ce que nous avons fait jusqu’à l’an 2000.

Rabia E. : – Quand vous êtes arrivés en 1987, tu étais le premier à t’installer en janvier.  Les derniers emménagements ont eu lieu en juillet de la même année. Une communauté qui s’installe a t-elle envie de s’ouvrir sur la ville ?

Daniel J. : – Vivre dans un habitat partagé, c’était s’ouvrir sur la ville, c’était clair. On l’a fait très rapidement. L’habitat participatif est différent aujourd’hui car les gens sont moins politisés. Nous, anciens soixante-huitards, nous l’étions beaucoup plus. On est connu par les associations qui ont souvent eu besoin d’une salle. La solution de secours était chez nous. Les associations de Vanves nous connaissent. On est accueillant. On est un centre de ressource.

Notre salle commune est juste en face d’un café. Le café a une sortie qui donne sur le côté de La Fonderie avec une porte mitoyenne. A notre initiative ou celle du café, nous avons  fait des fêtes communes.

 « Pour les associations, la solution de secours était toujours chez nous » - ©Rabia E.

R : – Quand il souhaite succéder à une famille dans ce type de résidence, l’acquéreur vient -il d’abord chercher le groupe ?

Daniel J. : – Je ne sais pas réellement. Ce qui est sûr : « Tu n’as pas le droit de t’installer et de ne pas dire bonjour à tous tes voisins ». On a une salle commune et des réunions. Il y a un code qu’il faut appliquer comme prendre des nouvelles des voisins … Cela peut paraître artificiel, mais c’est important. Sinon, ce n’est pas parce qu’une personne a vendu que cela change. Ce n’est pas comme si dix personnes vendaient en même temps.

 

AILLEURS POUR NOUS INSPIRER ICI

Marketta PIIK, habitante d’une résidence à Munkkiniemi, un quartier au sud ouest de HELSINKI (FINLANDE), nous a ouvert les portes des espaces partagés entre voisins.

L’espace est situé au  niveau d’un demi sous-sol. Il est grand, propre, aéré et éclairé naturellement. Il est ouvert de 9h à 20h, toute la semaine. Les tarifs d’accès sont définis pour couvrir les frais d’entretien des espaces: 3€/1h – 5€/2h.

(Pour info : prix ticket tramway à Helsinki = 2€ )

Les espaces sont grands et permettent l’installation, sans se gêner, de plusieurs voisins en même temps. Ici, les salles ne sont pas fermées mais les résidents se réservent le droit de les fermer, s’ils le souhaitent.

Les machines sont d’une gamme professionnelle et à fonctionnement instinctif. Les salles de séchage peuvent être ventilées naturellement l’été et bénéficient d’un système de séchage économe (une simple résistance sur air extrait) et performant en saisons froides. L’espace offre même l’accès à une mangle manuelle.

Un concierge assure le lien avec les sociétés d’entretien,  en fonction des incidents signalés par les usagers.


Situé au niveau d’un demi sous-sol d’un autre bâtiment voisin, l’espace sauna se réserve par tranche de 2h/foyer. Inscrit culturellement dans les habitudes des finlandais, l’espace sauna est un vrai espace de méditation qui doit rester, propre, fonctionnel et épuré.

La réservation se fait auprès du concierge qui se charge de le mettre en chauffe. L’espace d’entrée au sauna est différent de celui de sortie afin que l’accès demeure fluide et que les familles ne se gênent pas mutuellement.

 

NOS PROJETS EN COURS

L’éco-quartier fluvial de L’ÎLE-SAINT-DENIS met à la disposition, d’un groupe de foyers, une parcelle pourla construction d’un immeuble résidentiel participatif. Le groupe d’habitants est en cours de constitution.

16 à 18 foyers (familles, personnes vivant seules, couples, simples co-habitants) disposeront du temps, outils et accompagnement nécessaires pour imaginer et programmer leur mode d’habiter ensemble et chacun chez soi.  Le groupe définira, à travers des ateliers,  ses besoins en espaces et services partagés, incarnera un engagement pour l’environnement et construira une culture architecturale commune et à leur image.

L’imaginaire:

– La capacité de chacun à tisser du lien.

– Ces rencontres qui incarnent notre conception du vivre ensemble…

– Vivre un projet ascendant (à partir des aspirations des habitants acteurs de leur espaces de vie)

Le moteur : le groupe

Chacun souhaite rompre avec la logique « j’acquière, tout seul dans mon coin, un logement fini, prêt à la consommation » au profit d’une logique «  l’immeuble est le lieu d’expression d’une action auto-décidée, collective, responsable et solidaire ».

Le support :

Promoteur de courtoisie urbaine (Rabia ENCKELL) pour accompagner les groupes  en mode « ateliers d’intelligence et de décisions collectives » + l’ensemble des acteurs publics et privés de l’éco-quartier fluvial. Le projet fera partie des premiers projets à mobiliser l’ensemble des acteurs privés et publics de la ville durable.

Pour en savoir plus