ILS PARLENT DE NOUS

#Entretien avec le journaliste Marc Ezrati pour L'activité Immobilière_N°776 (Janvier 2017), L'habitat participatif répond à une demande de plus en plus forte ... Interview réalisée en novembre 2016 et dans laquelle je démontre que l'habitat participatif puise sa force dans sa diversité et qu'il est avant tout une démarche, une posture de projet.
#Article sur le projet coopératif LOTUS dans LE JOURNAL DU GRAND PARIS (Mars 2017), Un immeuble participatif prochainement construit dans le 19° arrondissement
#Portrait dressé par l'hebdomadaire LE JOURNAL DU GRAND PARIS (N°79 du 6 au 12 Juin 2016), par Grégoire Mérot : Portrait Rabia Enckell - Juin 2016 
#Article dans L’ATELIER DU JOURNAL LE MONDE La voie de l'Habitat Participatif, par Laetitia SELLAM Fév.2016
#Article TRAITS URBAINS L'habitat participatif, vers la maturité ? par Agnè Fernendez oct. 2015
#Article dans leparisien Ils ont conçu leur immeuble avec leurs futurs voisins - Avril 2015
#Carmen Santana (Agence ARCHIKUBIK - Barcelone) nous fait l'honneur de citer Courtoisie urbaine lors de sa Conférence au Pavillon de l'Arsenal, le 12 décembre 2013 (à partir de 1h:03mns:09s)
#Article 20minutes.fr 22 avril – L’article sur les 30 ans du Lavoir du Buisson est conclu par le projet de l’écohabitat groupé de L’Île-Saint-Denis.
#Le 6b par streepress.com - par Robin D’Angelo
#Livret Carte Blanche à Julien Beller - Ecole du renouvellement urbain // J’ai été l’invitée de Julien Beller - Page 18-19 du livret.
Article « le logement autrement » dans le journal de l’Ecoquartier fluvial de L’île-saint-Denis_Nov.2013
#Entretien avec Marie Gerault, pour le webzine effloresens
#Entretien avec la journaliste Stéphanie Lemoine pour midi:onze 
#Groupe "Logements participatifs et modes opératoires"
#Article sur Construction21.eu - Nov. 2012:  Projets immobiliers et valeur  humaine sur  Construction21.eu/france

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Les echos du projet de L’île-Saint-Denis

AU MENU : Equipe projet et connexions d’un autre genre // Réemploi, plus d’intelligence moins de matièreVers une nouvelle forme de patrimoine //  L’île-saint-Denis une v’île en transition (Ecoutez ses habitants !)

 

Les Hommes et Femmes du Projet 

22 décembre 2014   Le groupe d’habitants rend son «  carnet de bord de l’immeuble » , il s’agit du programme-ADN du vivre ensemble, co-construit lors d’ateliers d’intelligence collective et de travail itératif avec l’équipe projet.

Avril 2015  dépôt de dossier de demande de permis de construire.


HABITAT PARTICIPATIF : VERS UNE NOUVELLE FORME DE PATRIMOINE(1)

De toute son histoire récente, l’immobilier marchand classique n’a cessé d’entretenir des considérations patrimoniales attentistes(2) et déséquilibrées entre les logements d’un même immeuble. 

Dans l’habitat participatif le patrimoine est plus lissé, immatériel, car incarné par le vivre ensemble, le fondement même de la démarche participative. 

Rétrospectives et explications. Rabia Enckell

Immobilier classique et valeurs patrimoniales

A l’époque d’Haussmann, le rez-de-chaussée et le premier niveau, faciles d’accès,  incarnaient la strate noble et bourgeoise de l’immeuble. L’élévation dans l’immeuble allait de pair avec la baisse du rang social, jusqu’au dernier étage voué à loger les « domestiques ».

Presque 100 ans après, l’ascenseur fait son entrée ; d’abord comme un équipement de luxe puis très vite comme un équipement courant de desserte verticale. L’ascenceur libère les hauteurs des immeubles et inverse la courbe de la valeur patrimoniale : celle-ci s’installera dans les derniers étages : « plus loin de la rue, mieux éclairés » . La promotion immobilière trouve, à travers cette règle, son modèle économique. La production de logements s’intensifie. Les immeubles sont plus hauts et plus denses.

A Paris – et dans les grandes villes françaises ayant reproduit le modèle urbain Haussmannien – s’installe une  règle marchande très précise, reprise par tous : « plus cher à partir des cimes des platanes », soit à partir du 3ème étage.

L’immobilier neuf hérite de cette règle «  plus c’est haut plus c’est cher » et d’ajouter «  Il en sera de même à la revente ! ». Professionnels comme habitants, nous avons appris à entretenir cette règle en toute normalité. Ces logements en hauteur ont-ils coûté plus cher à la construction, proposent-ils un mode d’habiter plus adapté, plus recherché…de nature à justifier une plus grande valeur matérielle ?

Que nenni !

Si l’on peut discréditer le caractère totalement surfait de cette norme, on peut surtout déplorer son impact sur la programmation et la production de logements, en général. Avec une telle règle de construction des prix de vente, il n’est nullement besoin de pallier aux insuffisances programmatiques d’un rez-de-chaussée obscur,  d’un voisinage bruyant ou de la proximité d’une source de pollution. Un jeu de « décote – surcote »  constitue, assez souvent,  la réponse à de telles situations.

Immeuble participatif : tous les voisins possèdent le même patrimoine incarné par la qualité de vie à bord

Qu’il aboutisse à une coopérative d’habitants ou à une copropriété, l’habitat participatif installe, par définition, un rapport plus sain à l’immobilier : La démarche est non seulement une façon d’accéder à un toit mais est, aussi, un moyen de s’ancrer dans un groupe et de porter un vivre ensemble.

La patrimoine est ici essentiellement humain et sociétal et s’installe bien avant les « murs ».

Dans les coopératives d’habitants, la réponse est radicale. Le « prix d’un logement » ne fait même plus référence. La propriété individuelle s’efface totalement au profit d’une nouvelle forme de propriété collective.

Pour les copropriétés issues d’un processus participatif, le groupe d’habitants fabrique avec équité et responsabilité son mode de co-vivre dans l’immeuble et le mode d’habiter de chacun. Le groupe ne peut admettre ou passer outre une situation d’inconfort.

Philosophiquement, ceci serait antinomique à la démarche.

Techniquement, la pluralité des compétences et des centres d’intérêts, la diversité des parcours résidentiels, au sein d’un même groupe de futurs habitants, le rendent en capacité de se projeter dans chaque coin et recoin de l’immeuble, de détecter les imperfections et d’orienter sa programmation en fonction.

L’immeuble ne comprend pas de « zones » accessibles à seulement une partie du groupe. Le choix est réel, apaisé, sain et se fait sur la base de modes d’habiter, uniquement. Définir son espace de vie requiert de l’enthousiasme : une disponibilité du coeur et de la raison. Le système de surcote-décote désenchante totalement cette étape capitale, propre à chacun.

Prenons l’exemple de L’Arche-en L’île, l’habitat participatif de L’île-Saint-Denis : Les familles payent le même prix au m2 habitable (3) et supportent la même quote-part des espaces partagés construits (4), ce sans considération d’étages, de taille des ménages ou que sais-je... Les ménages choisissent réellement où se situer dans l’immeuble sur la base de l’esquisse de l’architecte.

Appuyé par la démarche du groupe et par l’option d’un prix unique, chaque foyer choisit réellement son logement. Collectivement, nous avons pointé les situations les « moins confortables » et y avons apporté, avec le concours de l’architecte du projet, des solutions correctives :

1- Un système de desserte par coursives offre la même orientation bioclimatique à tous les appartements, y compris pour les plus petits.

2- Le rez-de-chaussé accueillant les espaces partagés majeurs, ceux-ci sont éloignés des appartements privatifs afin d’éviter toute situation de gène acoustique.

3- Une « bande » privative de 2m de largeur sépare la rue piétonne de la façade du rez-de-chaussée.

4- Le Rez-de-chaussée et le premier étage offrent une hauteur libre sous plafond de 3,5m,  soit 1 m de plus que les étages courants, ce afin d’y assurer un accès optimal à la lumière naturelle, y compris pendant l’hiver.

Et pour conclure, il me semble capital de rappeler que  les candidats à un habitat groupé sont assez souvent conscients de la probabilité de devoir revendre un jour leur appartement mais ne s’y projettent pas comme un objectif ou une fatalité dans leur parcours résidentiel. Pensé pour accompagner les évènements de la vie, l’immeuble (5) offre une élasticité spatiale en réponse à l’évolution des cellules familiales. Celles-ci pourront, si elle le souhaitent, se maintenir dans l’immeuble.

En cas de revente, les nouveaux arrivants sont assez souvent cooptés par le groupe d’habitants. Le prix de vente ( hors contexte de cession de parts pour les coopératives) s’aligne sur le prix de référence du quartier mais n’intègre pas d’autres critères.

L’aspect habitat groupé, le vivre ensemble dans l’immeuble, la rencontre en amont avec les voisins, l’accès aux espaces et usages partagés suffisent à caractériser le logement.

(1) : Apparue au 12e siècle, la notion de « patrimoine » (du latin patrimoniumhéritage du père) se définit comme l’ensemble des biens hérités de la famille. Depuis les années 90, plusieurs sociétés et collectifs militent pour la reconnaissance de patrimoines immatériels ( culturels, sociétaux, humains…)

(2) : attitude qui consiste à refuser l’initiative et à se déterminer selon les circonstances

(3) : 3450 euros TTC/m2 habitable

(4) : 3m2 par foyer, toutes tailles de foyers confondues.

(5) : Le procédé constructif – ossature bois – permet aux appartements de s’agrandir entre eux. Le lien de voisinage et le règlement de copropriété rendent ceci envisageable dans le temps.

 

 

RE-EMPLOI 

Le projet de l’éCOhabitat groupé  de L’île-saint-Denis comprend un volet Réemploi (réutilisation de matériaux issus de la déconstruction) appelé aussi UP-Cycling.

Pour en savoir plus sur ce sujet: Exposition Matière Grise au Pavillon de l’Arsenal : du 26 sept. au 4 jan. : 75 projets montrent les potentialités du réemploi dans la construction neuve. L’écoquartier fluvial de L’île-Saint-Denis ouvre la voie : Plus de savoir-faire humain, moins de matière première.

ou écoutez Julien Benoît de Bellastock en parler depuis le site ActLab :  ICI

Source : Web-documenrtaire La Fabrique Alternative d’une Ville www.fa-v.com

 

L’île-saint-Denis, une v’île en transition ( 1/50)

Ecoutez AWA, habitante sur L’île et membre actif de l’association « Femmes de L’île » en parler ICI  // Extrait Web-documenrtaire La Fabrique Alternative d’une Ville ( La FAV).

Le web-documentaire  La FAV explore deux communes importantes du 9cube : Saint-Denis (plus de 100 000 habitants) et L’île Saint-Denis (7000 habitants) et propose, pour cela, plusieurs niveaux de lectures :

– Le premier  ; donner la parole aux habitants.  Les sujets abordés balaient nos enjeux contemporains : Le Patrimoine, Modes de vies, Nature, Culture et offre une ouverture sur l’avenir- une vision des possibles à l’échelle de l’implication citoyenne à court et moyen terme, des questionnements sur le devenir de ce territoire en pleine mutation.

– Le second niveau ;  offre plusieurs « dézoommages » sur le territoire. Portés par des professionnels – dits « experts » de la cité, des urbanistes… Deux échelles ont été retenues, celle du quartier et celle du Grand Territoire.

– La FAV croise ainsi des regards sur les transformations de la ville. C’est aussi une manière d’« exposer » à la parole des habitants les travaux d’urbanistes et d’aménageurs.

 

Nouvelles de novembre 2013

SOMMAIRE

1-   Le projet d’Ecohabitat groupe a L’Île-Saint-Denis se devoile
2- « La copro ; peut mieux faire  » – Entretien avec Me Pauline Malaplate – Notaire
3-   L’En-commun commence par les mots : un peu de lexique
4-   La paille dans la construction

                                                                 

 

1- L’ECOHABITAT GROUPE A L’ÎLE-SAINT-DENIS

L’ÎLE-SAINT-DENIS est une île-ville nichée entre deux bras de la Seine et sa forme épouse un des plus élégants méandres du fleuve. Ce petit bourg de 7000 âmes est situé en Seine-Saint-Denis et se retrouve, au fil du temps, au coeur du « Territoire de culture et de création » et à proximité d’un des hubs majeurs du Grand Paris, celui de la future « Gare Pleyel » à Saint-Denis. La ville est engagée, depuis 2001, sur le chemin de la transition et en a fait un levier de développement solidaire, résilient et éco-responsable.

 Maquette de l’écoquartier dans la ville - Source : Charte de l’écoquartier

L’écoquartier fluvial prend place sur les anciens entrepôts des magasins « Printemps » et « Les Galeries-lafayettes ». La démolition des bâtiments est achevée. Les lieux se préparent à se façonner, à se construire et à accueillir la ville dans toutes ses fonctions : logements, bureaux, locaux d’activités, commerces, services et équipements. L’école sera située à la lisière de l’éco-quartier pour en faire un équipement fédérateur entre ceux qui habitent déjà et ceux qui arrivent.

Situation de l’îlot dans l’écoquartier - Visuels : © Staccato / Plaine Commune

 

L’ECOQUARTIER FLUVIAL réserve dès sa première phase une parcelle pour permettre à une quinzaine de familles d’imaginer et de programmer leur mode d’habiter ensemble et chacun chez soi. Le groupe réunira des personnes portées par « le faire ensemble » et souhaitant construire des liens de voisinage pour co-concevoir leur immeuble.

LE RÔLE DE RABIA ENCKELL ( COURTOISIE URBAINE )

>> favoriser l’émergence du groupe d’habitants et oeuvrer pour sa « pérennité ».

>> animer pédagogiquement les rencontres de co-élaboration du projet dans une démarche d’habitat participatif, ce du stade « programmation » jusqu’à la construction.

>> apporter une expertise en maîtrise d’ouvrage immobilière  afin de rendre le groupe en capacité de décider en toute autonomie.

>> Accompagner les participants dans la formalisation de leur projet « individuellement »  et intégrer leur capacité financière tout au long de l’évolution du projet.

>> Assurer l’interface professionnelle avec les acteurs du projet urbain.

LES CHIFFRES CLES DU PROJET

– Période prévisionnelle d’émménagement des familles : 4ème Trimestre 2016

– Prix de référence d’acquisition hors stationnement* : 3450 euros TTC/m2 calculé sur la base de la surface habitable et la part de surfaces partagées bâties. 

Explication : Prix du logement** = 3450 €  X (Surface habitable + Surface partagée construite/nombre de foyers)

* Pour les familles ayant besoin de places de stationnement, celles-ci seront disponibles sous la forme d’une concession longue durée,  au sein d’une centrale de mobilité située à 130m de l’immeuble.

** Le poids des surfaces partagées sera ajusté tout au long de la définition du projet afin de respecter la capacité financière de chaque foyer. Aussi, le nombre de  familles que comprendra le groupe, une grande quinzaine, permettra de supporter en groupe des surfaces généreuses.

MODE OPERATOIRE
1-  Le terrain est  mis à disposition par l’aménageur SEM Plaine Commune pour accueillir un éco-habitat groupé. Il est situé dans l’éco-quartier et est de facto soutiré à toute spéculation foncière pouvant être exercée par un tiers. Le terrain ne bénéficie, par ailleurs, d’aucune décote foncière.
2- Le projet est imaginé, programmé et affiné par le « groupe d’habitant ».
Pour ce faire, il est accompagné par Courtoisie urbaine et dispose des temporalités nécessaires pour y parvenir.
Pour en savoir plus, Cliquez sur «  Gouvernance du projet et niveau de décisions du groupe ».
3- Le groupe Brémond, accompagné de son partenaire FRG, construira l’immeuble en conformité avec le cahier des charges du groupe. Ses équipes opérationnelles mettent en oeuvre le projet selon les modalités validées en amont avec l’aménageur de l’éco-quartier, SEM PLAINE COMMUNE, l’association du groupe d’habitants puis avec chaque foyer acquéreur de son logement.
Le groupe Brémond et son partenaire FRG, volontaires  pour la démarche participative,  construiront la totalité des immeubles de l’écoquartier dont ceux de logements sociaux, logements en accession libre et d’activités et bureaux.

2- « La copro ; peut mieux faire  »  –  Entretien avec Me Pauline Malaplate – Notaire

Me Pauline Malaplate est notaire à Annecy-Le Vieux (74), vit entre Paris et la Haute-Savoie et est portée par l’innovation sociale et sa transcription dans les espaces de vie. Alors que Le Monde titrait un article, dans sa version en ligne, « Habitat participatif, la copro de demain?" , Me Malaplate a bien voulu s’entretenir avec nous sur les vraies fausses limites de «  la copro à la française » .
Article réalisé avec la collaboration de Nathalie BOYER de PhotoPlume.

 

Rabia E. : – Dans l’habitat participatif, au patrimoine bâti et foncier,  s’ajoute une autre forme de patrimoine,  plus virtuel, celui de vivre ensemble. Comment le notaire peut-il garantir, dans le temps et par l’écriture,  ce « Patrimoine immatériel » et non moins fondamental ?

Pauline M. : – Nous, notaires, nous nous plaçons toujours « avant » pour aménager/installer « l’après », ce pour toute la durée de vie de l’immeuble. Il me semble que les fondamentaux du  «  vivre ensemble »  doivent faire l’objet d’un pacte entre les membres du groupe d’habitants avec un maximum de règles établies.

Rabia E. : – Comment pensez-vous accompagner en tant que notaire l’affirmation des projets d’habitat groupé et participatif comme «  la 3ème voie » du logement ?  Comment «  la copro à la française » qui repose essentiellement sur le règlement de la copropriété peut-elle porter cet élan ?

Pauline M. : – Dans une copropriété classique (valable dans tous les pays qui ont adhéré au droit romain), vous avez dans un « immeuble » des parties privatives et des parties communes. Les caractéristiques des parties privatives vous donnent droit à des « millièmes » dans les parties communes. Le règlement de la copropriété, obligatoire, par ailleurs, incarne cette idée et fixe, en conséquence, les obligations et droits de chaque co-propriétaire pour le bon fonctionnement de l’immeuble. Pour l’habitat participatif, il nous faut  inventer des outils, des écritures complémentaires au simple règlement de copropriété, qui est très technique. Il faudra également prévoir une implication assez en amont du notaire et un temps d’échange et d’écoute  plus important avec les membres du groupe d’habitants.

Rabia E. : – Pour l’habitat participatif, les parties communes incarnent un autre modèle de partage et régissent une organisation davantage centrée sur « la collectivité » que sur le «  capital en millièmes » de chacun de ses membres. Pensez-vous que ceci est toujours compatible avec un règlement de copropriété ?

Pauline M. : – Tout cela peut s’encadrer et « s’écrire ». Le règlement de copropriété ne l’empêche pas tant que l’ensemble des membres du groupe y adhèrent. Ils ont dès le début pris un engagement moral et co-portent l’idée. Je trouve, dans l’absolue, que le fait que tout soit égal sur les parties communes est une valeur ajoutée forte pour la vie de l’immeuble.

Rabia E. : – Et qu’adviendra t-il de ces acquis en cas de revente ? L’arrivée des nouveaux suscite toujours l’inquiétude auprès de ceux qui restent et on peut imaginer que ceux qui n’étaient pas à l’origine du projet soient moins portés par l’esprit des lieux ? Une charte de « revente » peut-elle être une solution ?

Pauline M. : –  Pour vendre, il faudrait que «  le vendeur » coopte des personnes qui adhèrent à l’esprit reignant. La charte est un outil, certes, mais son applicabilité n’est pas garantie. Je pense que le pacte, à l’image d’un pacte d’ «   associés » ou de « coopérateurs » peut régir ces aspects en intégrant un protocole qui ne va pas jusqu’à définir un « agrément du futur acquéreur » mais qui assure la cooptation d’acquéreurs ayant la même conception du  «  vivre ensemble ».

Le notaire chargé de réaliser la vente aura, par ailleurs, un grand rôle pour s’assurer de la mise en oeuvre des accords du pacte et pour trouver une solution aux situations de blocage, si blocage il y a. Il encadre juridiquement un contrat dans l’idée de la paix des familles.

Rabia E. : – Et qu’en est-il des services ? Ceux-ci sont plus variables et leur utilisation diffère sensiblement d’un foyer à un autre ? Pensez-vous que les familles accepteraient de porter collectivement des services qui ne seront pas utilisés avec la même intensité ?

Pauline M. : –  C’est plus difficile dans les mentalités, je confirme.

Rabia E. : – Devrions-nous accepter cette «  fatalité culturelle » en limitant les services au sein d’un immeuble ; ça n’est pas l’esprit de ce type de co-habitat !

Pauline M. : –  Je ne suis pas inquiète pour la première communauté d’habitants qui saura, si elle est solide , trouver la solution qui lui convient. C’est le renouveau au sein de l’immeuble qui peut engendrer des dysfonctionnements liées à des abus ou des sous-utilisations. Il faudra je pense associer à chaque service des outils de gestion adéquats et des techniques de «  relevés d’utilisations »,  à installer de suite ou pouvant l’être un jour.

3-   L’En-commun commence par les mots : un peu de lexique

Extrait  de «  L’habitat participatif : une solution pour le logement abordable », CETE DE LYON (mars 2013)

Habitat groupé : Tout projet et réalisation d’habitat ayant des parties communes collectives et des parties privatives à l’instar d’une copropriété collective avec un projet de vie collectif. « Par la notion de GROUPE, ce terme met l’accent sur le projet de vie collectif » (Bruno Parasote, 2011).

 

Habitat  participatif : C’est avant tout un processus de conception et de gestion de l’habitat, au sein duquel, les futurs habitants sont invités à collaborer à l’émergence du projet et à la finalisation des plans intérieurs des logements. L’habitat participatif peut être réalisé par un tiers, sous un contrat de promotion classique ou en autopromotion.
 
 

 Habitat  coopératif L’objectif principal de cette forme d’habitat est de s’extraire des mécanismes spéculatifs et marchands liés au logement. Il s’agit d’une forme différente de propriété de l’habitat en proposant une alternative à l’habitat locatif et à l’accession individuelle. L’habitation, composée de logements et de parties communes, est la propriété de la société coopérative. Les résidents, détenteurs de parts sociales de la coopérative  sont aussi locataires des lieux avec un usage exclusif sur les espaces dédiés à leur logement.

4-   La paille dans la construction

La paille dans un contexte urbain, pour un logement collectif de plusieurs étages ! Quelle idée !  

Je n’aurai pas développé cette rubrique si le sujet n’avait pas été impulsé par les foyers que je rencontre dans le cadre du projet d’habitat groupé à L’ÎLE-SAINT-DENIS.

Un petit tour sur le site des Compaillons, le réseau français de la construction en paille et on abandonne vite, preuve à l’appui,  quelques préjugés d’Homo urbanussur un pur « produit » de  la campagne.

En effet ;

– la paille ne sent pas mauvais et, elle assure de surcroît, aux riverains du projet, un chantier propre et calme, contrairement à des matériaux plus classiques.

– prise en sandwich entre les enduits externes/internes, les bottes de paille deviennent physiquement inaccessibles aux rongeurs

– la paille est assez solide pour traverser le temps (la plus ancienne construction date de 1921).

– la paille brûle moins rapidement qu’une maison classique. Associée souvent à une structure bois dont la calcination des premiers mms protège les parties structurelles (contrairement à une structure béton), la paille est tellement compressée qu’elle ne permet pas l’oxygénation. (En images le test au feu de l’école en paille à Issy-les-Moulineaux (92))

– l’utilisation de la paille dans la construction neuve est normée et est régie par des «  règles de l’art » établis. En effet, ces règles applicables depuis le 1er janvier sont reconnues par l’Agence de Qualité Construction, organisme de référence pour les assureurs.

– une construction en paille mixée à une structure en ossature  bois (DTU 31,2) obtient une assurance décennale comme tout autre type de construction. Dans ce cas la paille est un isolant thermique, phonique, naturel et non coûteux.

Les projets avec des bottes de paille porteuses peuvent avoir  des difficultés à obtenir une assurance décennale à cause de l’absence d’un D.T.U,  mais ceci devra très vite évoluer avec les travaux et recherche avancés avec le CSTB.

Plusieurs réalisations en paille existent en france et sont assez récentes pour la plupart :

– un immeuble en R+7 dans les Vosges, 26 logements, labellisé Passiv Haus (12 mois de chantier contre les 16 à 17 mois habituels ! 2013)

– un groupe scolaire en paille dans le Fort d’ Issy-Les-Moulineaux (2013)

 

J’ai pour ma part fait l’expérience d’une maison construite en paille à Korpoström,  une île  perdue dans l’archipel finlandais (celui oriental précisément). Construite en 2009 à l’initiative de sa propriétaire,  Antonia RINGBOM créatrice de films d’animations, la maison-atelier traverse des hivers rudes et est exposée à des grands pics de chaleur l’été (jusqu’à 30°C).

L’ambiance d’un intérieur de murs en paille est fondamentalement différente de celles  « ailleurs » ; la chaleur y est enveloppante, bien répartie aux quatre coins des pièces. Le son est absorbée par les murs épais en paille. La coupure phonique avec l’extérieur est exceptionnelle. L’enduit  sculpté par la texture de la paille nous projette dans un imaginaire doux et chalereux.

La suite en photos….

eCohabitat groupe de L’ile-saint-Denis

Au coeur de l’éco-quartier fluvial, 16 à 18  foyers imagineront leur mode de vie éco-responsable et solidaire. Le projet est au stade de constitution de groupe d’habitants.  Un terrain (l’îlot Pb4 a) est réservé pour recevoir cette « autre » façon d’accéder à son logement. Elle sera complémentaire aux autres formes d’habiter sur l’éco-quartier et sur L’île-saint-Denis en général.
 
Nous contacter pour plus d’informations.
 

 

08 JUIN 2013 à L’ÎLE-SAINT-DENIS
Péniche navigant sur le petit bras de la Seine, au nord de l’île

 

L’île-saint-Denis est située  au coeur du territoire de culture et de création. Sur l’ensemble des 9 communes qui donnent forme et vie au territoire de Plaine Commune, la culture est un art de vivre ensemble et la création,  un outil pour faire autrement. Il en découle une richesse humaine et patrimoniale unique ! 
 
 L’écoquartier fluvial est situé en face de la cité du cinéma et sera relié au quartier Pleyel par une passerelle Bus et vélo dès 2017.
Il est, certes, peu probable que vous rencontriez Luc Besson sur votre chemin – quoi que 😉 – mais ce bel édifice respire,  au même titre que « le 6b », « la Briche », « La villa mais d’ici »… la force créative.identitaire du territoire.
 
Une « place des Arts »  est programmée pour mettre en musique plusieurs équipements culturels tels que des ateliers collectifs, un cinéma de plein air, des lieux créatifs pour le théâtre, une médiathèque…

Le 14 novembre aura lieu l’atelier d’information sur l’offre en logements de l’écoquartier. Le projet d’habitat participatif sera également présenté.

 

 

ActLab, le chantier d’innovation en upcycling de l’écoquartier ©PhotoPlume

Le groupe est en cours de constitution : 

Il rassemblera des individus et foyers aux parcours singuliers mais fédérés autour d’une même idée : «l’immeuble est le lieu d’expression de la convivialité, du partage et d’actions collectives auto-décidées, responsables et solidaires».

La capacité de chacun à tisser des liens, à partager ses idées et à s’enrichir de celles des autres ; constituent la matrice d’un projet « ascendant ». (par opposition à un projet subi).

Le groupe est accompagné dans sa démarche par Rabia ENCKELL pour jalonner la démarche participative.

Le  processus participatif : 

 

DES BALADES  A PIEDS ET EN VELO sont organisées avec « Accueil Banlieue ». J’ai moi même (Rabia E.) appris à regarder ce territoire à travers les Hommes qui le font. Ces balades sont des moments de rencontres et de découverte d’un patrimoine paysager et bâti et surtout HUMAIN.

Découvrir le mode de vie apaisé de l’éco-quartier – ©Clé

Comprendre le Territoire, avec M. de  Accueil Banlieues – ©Clé

S’éveiller à l’Upcycling avec Océane de Déchets D’Art- ©Clé