Les curiosités de janvier 2013

Au sommaire:

Ailleurs pour nous inspirer ici

Mes petites sensibleries

L’aventure d’un mot

AILLEURS, POUR NOUS INSPIRER ICI

SARGFABRIK // Vienne (AUTRICHE) // Résidence pour 73 familles // Auto-promotion sur le site d'une ancienne fabrique de cercueils en plein centre de Vienne // Architecte BKK-3 

L’histoire

Naissance de l’idée: en 1986 autour de trois familles, moteur du projet  Constitution en 1987 de l’association « VIL  ; Verein fûr Integrative Lebensgestaltung »  ; soit  l’association pour un mode de vie intégratif (celui qui ne rejette personne) dont l’objet est la création d’un projet résidentiel et culturel. La culture est un (autre) levier d’intégration.

Identification du site: 1992  

Conception + réalisation: de 1992 à 1996 (2 ans de travaux)

Les 110 adultes et 45 enfants sont tous entrés dans les lieux en même temps, en Juillet 1996)

Programme: 5000 m2 de S. habitées+ 2000 m2 de S. partagées

Densité: 116 Logements/Ha.

Le mode operatoire

L’association « VIL =  prend très rapidement la forme d’une coopérative d’habitat et de service. Elle acquière l’ancienne usine, conduit sa démolition et développe le projet immobilier résidentiel et culturel. Chaque coopérateur est, en quelque sorte, « copropriétaire de l’ensemble » mais n’est pas propriétaire stricto sensu de son logement.

Des quote parts régissent les dépenses ainsi que le remboursement du prêt global. 90% des membres ont été identifiés au démarrage de la conception. Une liste d’attente a donné naissance à un projet voisin appelé Miss Sargfabrik (40 logements, livraison en 2000). Ces résidents voisins accèdent aux équipements de Sargfabrik,  qui se sont avérés sur-dimensionnés.

La gestion, les budgets de fonctionnement ainsi que les évolutions de l’immeuble sont décidées collectivement à travers deux assemblées générales organisées annuellement. La communauté habitante de Sargfabrik et de Miss Sargfabrik , a créée 20 emplois locaux, pour la gestion du centre culturel, du café restaurant, de la garderie, des espaces privatifs et recevant du public.

La residence de l’interieur

Des espaces partagés réservés à la communauté habitante un jardin d’eau + un toit terrasse + des mini-espaces ouverts ou construits (paliers + laveries + bibliothèque + un coin multimédia + une grande cuisine + un espace, à la fois, salle à manger et salle de projection) + une salle des bains.

Le jardin d’eau

Le toit-jardin comestible

La salle des bains

L’apparition de cet équipement est très forte de sens. Ce complexe de bien être (sauna finlandais, espace de massage, tepidarium, baignoires…) a été rendu possible:

– spatialement,  grâce à la renonciation à des places de parking par certaines familles qui ont décidé, en phase conception,  le recours à l’auto-partage.

– financièrement: la grande majorité des familles avaient renoncé à la baignoire dans le logement. Celles qui la conservent, en supportent les frais.

La salle des bains profite à tous les enfants accueillis à la garderie, résidents ou pas de l’immeuble.

Des espaces partagés devenus équipements structurels pour le quartier

Le « Sargfabrik Kulturhaus » = centre de diffusion culturelle

La garderie

Cet espace de garde et de suivi périscolaire accueille les enfants de la résidence et du quartier,  âgés de 3 à 10 ans. Les parents sont impliqués dans la gestion et le programme pédagogique.

 Le café restaurant + la salle de réunion accessibles aux résidents et aux riverains.

 

Bibliographie  www.sargfabrik.at // ba1atelier1213.wordpress.com // www.wohnmodelle.at // http://vienez.wordpress.com // Debarre Anne, « Co-habitats dans la ville aujourd'hui », Cahiers philosophiques, 2009/2 N° 118

 

MES PETITES SENSIBLERIES

Le collectif Encore Heureux // Collection «  À LA RECHERCHE D’ÉLEMENTS IMAGINAIRES POUR L’ARCHITECTURE » - 2006 // 10E EXPOSITION INTERNATIONALE D’ARCHITECTURE DE VENISE // P.14

Les professionnels de l’architecture ont tendance à ignorer, voire rejeter toute forme d’expression de la vie domestique, celle naturelle, qui concerne et concernera le commun des mortels. Pourquoi doit-on continuer à dénoncer les parasols publicitaires, le linge qui sèche, le bout de balai qui dépasse…?

Et si l’expression de la vie domestique devenait un volet structurel dans le processus de conception. Il en sortirait des éléments architecturaux et des espaces capables d’intégrer les moments de la vie courante et de les sortir de la clandestinité.

 

L’AVENTURE D’UN MOT

Courtoisie urbaine

Les mots voyagent avec nous. Il  s’accordent avec nos humeurs, formalisent nos convictions, puisent dans nos propres histoires. Dans ma valise,  je transporte précieusement le mot « courtoisie ».

Urbaine, la courtoisie est un esprit, un idéal pour la construction des lieux de vie. Les temps d’écoute, d’empathie et d’implication sont aussi importants que ceux de l’expertise. La courtoisie dans l’acte urbain est capitale tant elle implique fondamentalement  l’ «  Autre » et organise, intrinsèquement, le « Vivre ensemble ».