Revue de Projets – mars 2016

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Mes Voeux pour 2015_SiteWeb

Les echos du projet de L’île-Saint-Denis

AU MENU : Equipe projet et connexions d’un autre genre // Réemploi, plus d’intelligence moins de matièreVers une nouvelle forme de patrimoine //  L’île-saint-Denis une v’île en transition (Ecoutez ses habitants !)

 

Les Hommes et Femmes du Projet 

22 décembre 2014   Le groupe d’habitants rend son «  carnet de bord de l’immeuble » , il s’agit du programme-ADN du vivre ensemble, co-construit lors d’ateliers d’intelligence collective et de travail itératif avec l’équipe projet.

Avril 2015  dépôt de dossier de demande de permis de construire.


HABITAT PARTICIPATIF : VERS UNE NOUVELLE FORME DE PATRIMOINE(1)

De toute son histoire récente, l’immobilier marchand classique n’a cessé d’entretenir des considérations patrimoniales attentistes(2) et déséquilibrées entre les logements d’un même immeuble. 

Dans l’habitat participatif le patrimoine est plus lissé, immatériel, car incarné par le vivre ensemble, le fondement même de la démarche participative. 

Rétrospectives et explications. Rabia Enckell

Immobilier classique et valeurs patrimoniales

A l’époque d’Haussmann, le rez-de-chaussée et le premier niveau, faciles d’accès,  incarnaient la strate noble et bourgeoise de l’immeuble. L’élévation dans l’immeuble allait de pair avec la baisse du rang social, jusqu’au dernier étage voué à loger les « domestiques ».

Presque 100 ans après, l’ascenseur fait son entrée ; d’abord comme un équipement de luxe puis très vite comme un équipement courant de desserte verticale. L’ascenceur libère les hauteurs des immeubles et inverse la courbe de la valeur patrimoniale : celle-ci s’installera dans les derniers étages : « plus loin de la rue, mieux éclairés » . La promotion immobilière trouve, à travers cette règle, son modèle économique. La production de logements s’intensifie. Les immeubles sont plus hauts et plus denses.

A Paris – et dans les grandes villes françaises ayant reproduit le modèle urbain Haussmannien – s’installe une  règle marchande très précise, reprise par tous : « plus cher à partir des cimes des platanes », soit à partir du 3ème étage.

L’immobilier neuf hérite de cette règle «  plus c’est haut plus c’est cher » et d’ajouter «  Il en sera de même à la revente ! ». Professionnels comme habitants, nous avons appris à entretenir cette règle en toute normalité. Ces logements en hauteur ont-ils coûté plus cher à la construction, proposent-ils un mode d’habiter plus adapté, plus recherché…de nature à justifier une plus grande valeur matérielle ?

Que nenni !

Si l’on peut discréditer le caractère totalement surfait de cette norme, on peut surtout déplorer son impact sur la programmation et la production de logements, en général. Avec une telle règle de construction des prix de vente, il n’est nullement besoin de pallier aux insuffisances programmatiques d’un rez-de-chaussée obscur,  d’un voisinage bruyant ou de la proximité d’une source de pollution. Un jeu de « décote – surcote »  constitue, assez souvent,  la réponse à de telles situations.

Immeuble participatif : tous les voisins possèdent le même patrimoine incarné par la qualité de vie à bord

Qu’il aboutisse à une coopérative d’habitants ou à une copropriété, l’habitat participatif installe, par définition, un rapport plus sain à l’immobilier : La démarche est non seulement une façon d’accéder à un toit mais est, aussi, un moyen de s’ancrer dans un groupe et de porter un vivre ensemble.

La patrimoine est ici essentiellement humain et sociétal et s’installe bien avant les « murs ».

Dans les coopératives d’habitants, la réponse est radicale. Le « prix d’un logement » ne fait même plus référence. La propriété individuelle s’efface totalement au profit d’une nouvelle forme de propriété collective.

Pour les copropriétés issues d’un processus participatif, le groupe d’habitants fabrique avec équité et responsabilité son mode de co-vivre dans l’immeuble et le mode d’habiter de chacun. Le groupe ne peut admettre ou passer outre une situation d’inconfort.

Philosophiquement, ceci serait antinomique à la démarche.

Techniquement, la pluralité des compétences et des centres d’intérêts, la diversité des parcours résidentiels, au sein d’un même groupe de futurs habitants, le rendent en capacité de se projeter dans chaque coin et recoin de l’immeuble, de détecter les imperfections et d’orienter sa programmation en fonction.

L’immeuble ne comprend pas de « zones » accessibles à seulement une partie du groupe. Le choix est réel, apaisé, sain et se fait sur la base de modes d’habiter, uniquement. Définir son espace de vie requiert de l’enthousiasme : une disponibilité du coeur et de la raison. Le système de surcote-décote désenchante totalement cette étape capitale, propre à chacun.

Prenons l’exemple de L’Arche-en L’île, l’habitat participatif de L’île-Saint-Denis : Les familles payent le même prix au m2 habitable (3) et supportent la même quote-part des espaces partagés construits (4), ce sans considération d’étages, de taille des ménages ou que sais-je... Les ménages choisissent réellement où se situer dans l’immeuble sur la base de l’esquisse de l’architecte.

Appuyé par la démarche du groupe et par l’option d’un prix unique, chaque foyer choisit réellement son logement. Collectivement, nous avons pointé les situations les « moins confortables » et y avons apporté, avec le concours de l’architecte du projet, des solutions correctives :

1- Un système de desserte par coursives offre la même orientation bioclimatique à tous les appartements, y compris pour les plus petits.

2- Le rez-de-chaussé accueillant les espaces partagés majeurs, ceux-ci sont éloignés des appartements privatifs afin d’éviter toute situation de gène acoustique.

3- Une « bande » privative de 2m de largeur sépare la rue piétonne de la façade du rez-de-chaussée.

4- Le Rez-de-chaussée et le premier étage offrent une hauteur libre sous plafond de 3,5m,  soit 1 m de plus que les étages courants, ce afin d’y assurer un accès optimal à la lumière naturelle, y compris pendant l’hiver.

Et pour conclure, il me semble capital de rappeler que  les candidats à un habitat groupé sont assez souvent conscients de la probabilité de devoir revendre un jour leur appartement mais ne s’y projettent pas comme un objectif ou une fatalité dans leur parcours résidentiel. Pensé pour accompagner les évènements de la vie, l’immeuble (5) offre une élasticité spatiale en réponse à l’évolution des cellules familiales. Celles-ci pourront, si elle le souhaitent, se maintenir dans l’immeuble.

En cas de revente, les nouveaux arrivants sont assez souvent cooptés par le groupe d’habitants. Le prix de vente ( hors contexte de cession de parts pour les coopératives) s’aligne sur le prix de référence du quartier mais n’intègre pas d’autres critères.

L’aspect habitat groupé, le vivre ensemble dans l’immeuble, la rencontre en amont avec les voisins, l’accès aux espaces et usages partagés suffisent à caractériser le logement.

(1) : Apparue au 12e siècle, la notion de « patrimoine » (du latin patrimoniumhéritage du père) se définit comme l’ensemble des biens hérités de la famille. Depuis les années 90, plusieurs sociétés et collectifs militent pour la reconnaissance de patrimoines immatériels ( culturels, sociétaux, humains…)

(2) : attitude qui consiste à refuser l’initiative et à se déterminer selon les circonstances

(3) : 3450 euros TTC/m2 habitable

(4) : 3m2 par foyer, toutes tailles de foyers confondues.

(5) : Le procédé constructif – ossature bois – permet aux appartements de s’agrandir entre eux. Le lien de voisinage et le règlement de copropriété rendent ceci envisageable dans le temps.

 

 

RE-EMPLOI 

Le projet de l’éCOhabitat groupé  de L’île-saint-Denis comprend un volet Réemploi (réutilisation de matériaux issus de la déconstruction) appelé aussi UP-Cycling.

Pour en savoir plus sur ce sujet: Exposition Matière Grise au Pavillon de l’Arsenal : du 26 sept. au 4 jan. : 75 projets montrent les potentialités du réemploi dans la construction neuve. L’écoquartier fluvial de L’île-Saint-Denis ouvre la voie : Plus de savoir-faire humain, moins de matière première.

ou écoutez Julien Benoît de Bellastock en parler depuis le site ActLab :  ICI

Source : Web-documenrtaire La Fabrique Alternative d’une Ville www.fa-v.com

 

L’île-saint-Denis, une v’île en transition ( 1/50)

Ecoutez AWA, habitante sur L’île et membre actif de l’association « Femmes de L’île » en parler ICI  // Extrait Web-documenrtaire La Fabrique Alternative d’une Ville ( La FAV).

Le web-documentaire  La FAV explore deux communes importantes du 9cube : Saint-Denis (plus de 100 000 habitants) et L’île Saint-Denis (7000 habitants) et propose, pour cela, plusieurs niveaux de lectures :

– Le premier  ; donner la parole aux habitants.  Les sujets abordés balaient nos enjeux contemporains : Le Patrimoine, Modes de vies, Nature, Culture et offre une ouverture sur l’avenir- une vision des possibles à l’échelle de l’implication citoyenne à court et moyen terme, des questionnements sur le devenir de ce territoire en pleine mutation.

– Le second niveau ;  offre plusieurs « dézoommages » sur le territoire. Portés par des professionnels – dits « experts » de la cité, des urbanistes… Deux échelles ont été retenues, celle du quartier et celle du Grand Territoire.

– La FAV croise ainsi des regards sur les transformations de la ville. C’est aussi une manière d’« exposer » à la parole des habitants les travaux d’urbanistes et d’aménageurs.

 

Motivations membre

Ils ont choisi d’habiter ensemble sur L’Île – avril 2014

SOMMAIRE

1-  Le groupe d’habitants commence sa collaboration avec Julien Beller, architecte de leur projet
2- La conception bioclimatique appliquee au projet
3-  Construire avec des materiaux sains ; 3 questions a Raphaele Heliot, experte ecoconstruction
4-   Le reemploi dans la construction neuve ? 3 questions a Julie Benoit de Bellastock (ActLab)

                                                     

1-  Le groupe commence sa collaboration avec Julien Beller, architecte de leur projet

Julien Beller, architecte, diplômé en 2003 de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La-Villette, il a toujours choisi la voie de l’Architecture alternative en rejoignant tout d’abord Patrick Bouchain puis le collectif Exyzt avant de fonder avec Fiona Meadows, Patrick Bouchain et Sylvia Frey, AoA ; "L’organisation des architectes alternatifs". Aujourd’hui co-fondateur de No Mad’s Land et Président fondateur du 6b, Fabrique culturelle alternative à Saint-Denis, Julien B. oeuvre dans des projets architecturaux où la créativité de l’architecte est support de renouvellement des comportements sociétaux.
Pour connaître davantage Julien B. : "carte blanche à Julien Beller - Ecole du Renouvellement Urbain »
Oeuvrent aux côtés de Julien B. : Adeline Eminet ( Architecte DE) – Margaux Zablocki ( 4ème année d’architecture) – Haythem Msabhi ( Architecte en formation HMNOP)

 

Bien loin de la posture de l’architecte gardien de la «  bien pensance » du moment,  Julien Beller fait preuve d’écoute et d’empathie et met en place des outils prospectifs lors d’ateliers de co-élaboration du projet. L’architecture est, ici, fédératrice et le dispositif de conception place les habitants, individuellement et en groupe, au coeur de la prise des décisions.

Les ateliers d’échange et de co-élaboration de projet constituent les espaces-temps :

– d’empowerment = rendre les habitants ensemble capables d’apprécier l’impact d’un choix donné sur leur mode d’habiter et de co-habiter.

– d’empathie = Dessiner une idée  n’est pas suffisant pour en faire une solution. La faire vivre, évoluer à travers l’échange avec les premiers concernés, oui.

– de construction d’un syncrétisme culturel entre la programmation de l’immeuble ( le projet) et les nouveaux modes d’habiter chacun chez soi et tous ensemble ( les usages ).

 

Exemple d’outils prospectifs proposés par Julien Beller et son équipeA la question classique «  comment distribuer les logements » est substituée la question : «  Comment j’accède chez moi? Quel est mon lien avec mes voisins et quelles ambiances pourrions nous co-construire dans ces espaces ? »

– Veuillez cliquer sur l’image pour une meilleure lisibilité –

 

 

 

 

2- La conception bioclimatique appliquee au projet

La conception bioclimatique consiste à mettre à profit les conditions d’exposition et de ventilation du site pour proposer une architecture naturellement ( sans appel à un équipement technique spécifique) confortable et induisant un mode de vie éco-responsable, du matin au soir et en toutes saisons.

Une architecture confortable et éco-responsable propose des espaces à vivre :

– thermiquement confortables toute l’année, tout en consommant très peu d’énergie : soleil = chauffage passif – Nord et direction des vents dominants = ventilation naturelle….

– naturellement éclairés la journée : anticipation des masques solaires dus aux immeubles voisins et selon la course du soleil…

– naturellement ventilée et dont l’habitant est acteur majeur.

– à régulation hygrométrique facile à atteindre naturellement.

La parcelle dite Pb4, qui accueillera l’écohabitat groupé ainsi qu’une dizaine de logements locatifs sociaux,  est orientée Nord-Ouest/Sud-Est. Pensée par l’urbaniste de l’écoquartier, cette exposition permet la déclinaison d’une conception bioclimatique optimale.

Façade Nord-Ouest :

 

Façade Sud-Est :

3-  Construire avec des materiaux sains : 3 questions a Raphaele Heliot

Raphaële Héliot est consultante experte en éco-construction, co-créatrice du jeu «  7 familles pour écoconstruire » et auteur de plusieurs ouvrages autour de l’éco-construction et l’éco-être. Se définissant souvent comme une « architecte recyclée », Raphaele H. aime partager avec pédagogie les fondamentaux d’un habitat sain et écologique.

Rabia E. : – Raphaële, qu’est ce qu’un matériau de construction sain ?

Raphaële H. : – On considère comme sain un matériau qui ne porte pas atteinte à la santé, sur l’ensemble des étapes de son cycle de vie !

De la fabrication à la destruction en passant par la pose et l’usage, un matériau sain minimise les dégagements toxiques et ne contribue pas à des phénomènes de moisissures. Les matériaux sains sont le plus souvent issus de ressources renouvelables (végétales), ils subissent peu de transformations industrielles et sont aisément biodégradables ou recyclables. 

Rabia E. : – Un matériau naturel est-il toujours bon pour l’environnement de l’Homme ?

Raphaële H. : – Le mot « naturel » est ambigü : il ne faut pas oublier que TOUT ce que nous utilisons, minéral, végétal ou animal, toute substance est prélevée dans la nature. La nature produit aussi des substances toxiques (plomb, amiante, cyanure, dioxines,…) pour l’homme et l’environnement (air, sols, eau).

Pour la construction, si on entend par « naturel »  un matériau utilisé brut ou peu transformé, comme de la terre crue, de la paille ou de la laine de mouton, alors oui, il aura un impact environnemental faible. Mais d’une façon générale, la phrase « matériau naturel = bon pour l’environnement » n’est pas toujours vraie !

Rabia E. : –  S’assurer de la qualité sanitaire d’un matériau de construction est-il suffisant pour garantir un habitat sain ?

Raphaële H. : –  Cela permet au moins d’éliminer certaines sources de pollutions possibles.

Il reste à assurer, pour un habitat sain, certains points complémentaires :

– la gestion de l’humidité (entre 55 et 70%),

– la régulation de la température (17 à 19°C),

– une bonne ventilation et l’utilisation de produits d’entretien non polluants,

– l’élimination des champs électro-magnétiques autour des lits et le long des structures en bois, 

4-   Le reemploi dans la construction neuve ? 3 questions a Julie Benoit de Bellastock.

Julie Benoît est architecte DE, chef de projet recherche et architecte Exé. Elle intervient comme enseignante dans plusieurs écoles d’architectures. Julie Benoît est un des piliers de « ACTLAB » , l’outil et lieu d’expérimentation collective dans l’écoquartier fluvial, porté par Bellastock, Plaine Commune et la ville de L’Île-saint-Denis. Très présente sur site et toujours partante pour rencontrer les foyers intéressés par le projet d’écohabitat groupé, Julie Benoît aime parler de réemploi avec pédagogie, engagement et passion.

 

Rabia E. : – Julie, qu’est ce que ActLab?

Julie B. : – ActLab est un laboratoire de recherche-action initié par Plaine Commune, la ville de L’île-saint-denis et Bellastock et qui a reçu le soutien de l’Adème. Les missions de ActLab consiste à récupérer et stocker des matériaux issus de la démolition/déconstruction des entrepôts du Printemps, puis de concevoir du mobilier urbain ou d’imaginer des techniques constructives à partir de ces matériaux afin de pouvoir les réutiliser directement sur place, dans le futur écoquartier.

ActLab a au passage fait du temps du chantier un LIEU ouvert sur la ville.

 

Rabia E. : – Julie, qu’est ce que le réemploi dans l’architecture et l’aménagement ?

Julie B. : – C’est réutiliser = exploiter un objet en modifiant son usage uniquement sans dépenser de l’énergie pour le transformer. La seule énergie acceptable dans le réemploi est celle humaine et donc le savoir faire.

Le réemploi est  fondamentalement différent du recyclage qui réintriduit l’objet ( souvent appelé déchet) dans un cycle industriel consommateur d’énergie ( ex:  réduire en miette un objet pour en faire un nouvel objet qui ne conserve plus ni la mémoire de ce qu’il a été ni l’entropie qu’il enfermait).

Rabia E. : – Peux-tu nous donner des exemples Julie ?

Julie B. : – Oui, nous avons élaboré collectivement,  sur le chantier de l’écoquartier, plusieurs prototypes. La démarche consiste à expérimenter in situ et in vivo. Le savoir et l’engagement de chacun de nous, architectes, entreprises, artisans, collectivités locales, Adème, urbaniste de l’écoquartier…sont mis au profit de la démarche.

L’ancien entrepôt du printemps devient un « gisement in situ », les engins de déconstrcution deviennent des outils de construction ( Sources images : ActLab – Bellastock) :

 

Appliqué à un grand territoire, le réemploi peut initier de nouvelles filières bâtiment et qui sont de surcroit vertueuses et indélocalisables. Dans ces filières,  l’intelligence et le savoir-faire locaux sont aussi importants que la « matière ».

Nous sommes très intéressés par expérimenter de nouveaux procédés avec Julien Beller et le groupe d’habitants du projet d’écohabitat groupé.

 

Ici,  même l’infrastructure ( sous la A86) et « réutilisée »  et devient le temps d’une manifestation, un cinéma de Plein-air ! C’est un forme de résilience positive.

Source ActLab – Bellastock

 

Articles pour partager des idees

 

Comment ouvrir l’immobilier d’entreprise aux acteurs de l’ESS ?

« L’alternative »  ambiante,  incarnée par les acteurs  de l’Economie Sociale et Solidaire, a besoin de solutions spatiales immédiates et souples pour installer durablement sa marque et poursuivre son essor.

Pour les acteurs de l'ESS, «  la surface » est plus qu’un espace physique de production :

Plus qu’un simple « espace physique de production », le LIEU pour les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire est :

– un espace démonstrateur ; un lieu qui annonce par l’adresse et par l’intensité de ses échanges avec la ville, les valeurs humaines, sociétales et environnementales placées au coeur de leur activité.

– un outil de « rémanence » ; la structure de l’ESS est assez souvent de petite taille et est gérée comme une économie familiale, avec une comptabilité rigoureuse. Pour faire face à une augmentation d’activités, et à défaut de culture de la prise du risque financier, la structure de l’ESS déploie tout un système de solidarité,  de mutualisation et de troc de moyens.

– une inscription dans  une communauté de « valeurs » et de moyens. Par l’accès à un espace, les acteurs de l’ESS souhaitent avant tout adhérer ou se faire coopter par un écosystème où l’innovation sociale est une stratégie, la collaboration une dynamique productive  et la multiplicité des objectifs un défi partagé.

La mise en commun de ressources humaines et de moyens logistiques constitue un vrai tremplin pour consolider leur activité et un moyen de mise en œuvre du circuit-court .

Malgré ces particularités, il n’en demeure pas moins que les acteurs de l’ESS sont des entités économiques à part entière.

Ici, à la performance économique, s’ajoutent celles sociétale et environnementale. Les collectivités locales, certains acteurs institutionnels et quelques acteurs privés engagés affichent de plus en plus un intérêt éclairé pour l’ESS.

Qu’en est-il des acteurs de l’immobilier, ceux qui proposent et proposeront la majorité de l’offre en immobilier d’entreprises? 

Le co-working, un concept lancé il y a à peine 3 ans,  est aujourd’hui une offre structurée en «  marché » et dispose de son réseau d’acteurs professionnels et financiers. L’atelier d’artiste et les espaces de création continuent, quant à eux, à pâtir d’un désintérêt total de la part des acteurs privés de l’immobilier. Et pour cause, les « utilisateurs » sont, ici,  considérés non solvables. Les besoins sont pourtant très forts. Quelle « place » réservera-t-on à la « demande » des acteurs de l’ESS ?

La crise de l’immobilier d’entreprise… une aubaine pour faire autrement !

Actuellement l’immobilier d’entreprise représente une offre abondante face à une demande de plus en plus serrée. On évoquerait un effondrement du marché[1] des surfaces de plus de 5000 m2 alors que celui-ci continue à représenter la majorité de l’offre au sein des projets urbains en cours de développement. Les hypothèses d’exploitation de certains immeubles en cours de montage intègrent jusqu’à 25% de taux de vacance, en première année, gonflant au passage les valeurs locatives/m2 et ralentissant, par voie de conséquence, « l’installation de la ville ».

Nous assistons à un écart total entre  l’utilisateur « fantasmé »,  par une majorité et la réalité de la demande. Le contenu de l’offre ainsi que son mode de production en sont symptomatiques. La réorientation de l’offre vers les acteurs de l’ESS est de l’ordre de la stratégie « gagnant-gagnant ».

Ne devrions-nous pas « désapprendre » pour réussir à faire autrement et inventer de nouvelles solutions où les temps de programmation (quelles typologies d’espaces), de montage (qui développe, qui porte financièrement, qui réalise et qui gère) et de commercialisation (pour quels utilisateurs et quelle typologie de bail) se confondent ?

Aussi, les acteurs de l’ESS ne peuvent, eu égard ce qui est développé en préambule, se contenter d’une offre immobilière qui répondrait à la réglementation dite « code du travail » et qui brandirait une certaine excellence énergétique. Les attentes sont bien au delà et se situent dans le mode d’accès à l’offre, la souplesse d’exploitation et les possibilités de mutualisation.

Quelques pistes à co-réfléchir, à co-porter :

1- Créer les outils pour flécher les  acteurs de l’ESS vers  les rez-de-chaussée de la ville :

Si l’on considère que le rez-de-chaussée, appelé également rez-de vie[2], est le miroir du contexte économique et social d’une cité[3], y investir les acteurs de l’ESS y trouve tout son sens.

Bien plus qu’une simple attribution « commerciale », cette proposition suppose de baliser, très en amont,  plusieurs paramètres :

a –  la  foncière porteuse des espaces afin d’en garantir la pérennité : celle-ci  doit-elle être exclusivement publique ? ou être une foncière «  hybride » réunissant des acteurs publiques et privés.

b – la forme spatiale (hauteur-sous-plafond, modularité, espaces partagés, accessibilité). Les projets devraient permettre des espaces « capables de » et non définitivement figés.

c – la nature du bail,  (à réinventer)  afin de sécuriser l’utilisateur tout en lui apportant souplesse et multiplicité d’usages.

d- l’introduction et la valorisation de «  l’apport en nature »…

e- le lien direct mais aussi une autonomie vis à vis de la copropriété à l’échelle de l’immeuble afin que celle-ci ne devienne pas, avec le temps,  un frein au maintien de l’activité.

Plus généralement, éloigner « la logique de gestion » de ces surfaces de celle de gestion des locaux de commerce est capital. Les outils de commercialisation et de gestion ne sont pas du tout les mêmes et ne sont pas structurés autour des mêmes repères. Il en va de leur pérennité.

2- Pensons parcours résidentiel de l’entreprise de l’ESS

La question des locaux devra être pensée globalement,  dans une perspective de « parcours résidentiel » de l’entreprise.

La solution de l’accueil de la toute petite structure en démarrage d’activité, considérée non solvable, très souvent éligible à très peu de dispositifs,  peut être trouvée dans la mobilité de celle ayant fait ses preuves.

3- Les PTCE,  une solution à la question de solvabilité des acteurs de l’ESS

Un PTCE ,  Pôle Territorial de Coopération Economique, est un « groupement d’acteurs sur un territoire – entreprises et acteurs de l’économie sociale et solidaire associés à des petites et moyennes entreprises, collectivités locales, centres de recherche et organismes de formation – qui met en œuvre une stratégie commune et continue, de coopération et de mutualisation, au service de projets économiques innovants de développement local durable »[4].

Le « Phares » à L’île-Saint-Denis en est un. Le 6b, fabrique culturelle l’est également,quelques parts, sans en détenir la forme juridique. Le premier a su s’imposer en tant que tel et trouver une solution pérenne pour ses locaux, au coeur de L’Île. Le 2ème a pu, à travers les acquis économiques et sociétaux de son implantation, faire écho au projet urbain « Néaucité » et donner un sens à son maintien.

 Rabia E.


 


[1] Article nouvelobs.com « Bureaux en Île-de-France : l’immobilier d’entreprise face à la crise »  04-12-13

[2] REZ DE VIE, REZ DE VILLE  – Exposition Pavillon de l’Arsenal – du 31-05 au 16-06-2013

[3] (RÉ)AMÉNAGER LES REZ-DE-CHAUSSÉE DE LA VILLE – Sous la direction de Ariella Masboungi – Ed. Le Moniteur

[4] source www.lelabo-ess.org

 

Nouvelles de novembre 2013

SOMMAIRE

1-   Le projet d’Ecohabitat groupe a L’Île-Saint-Denis se devoile
2- « La copro ; peut mieux faire  » – Entretien avec Me Pauline Malaplate – Notaire
3-   L’En-commun commence par les mots : un peu de lexique
4-   La paille dans la construction

                                                                 

 

1- L’ECOHABITAT GROUPE A L’ÎLE-SAINT-DENIS

L’ÎLE-SAINT-DENIS est une île-ville nichée entre deux bras de la Seine et sa forme épouse un des plus élégants méandres du fleuve. Ce petit bourg de 7000 âmes est situé en Seine-Saint-Denis et se retrouve, au fil du temps, au coeur du « Territoire de culture et de création » et à proximité d’un des hubs majeurs du Grand Paris, celui de la future « Gare Pleyel » à Saint-Denis. La ville est engagée, depuis 2001, sur le chemin de la transition et en a fait un levier de développement solidaire, résilient et éco-responsable.

 Maquette de l’écoquartier dans la ville - Source : Charte de l’écoquartier

L’écoquartier fluvial prend place sur les anciens entrepôts des magasins « Printemps » et « Les Galeries-lafayettes ». La démolition des bâtiments est achevée. Les lieux se préparent à se façonner, à se construire et à accueillir la ville dans toutes ses fonctions : logements, bureaux, locaux d’activités, commerces, services et équipements. L’école sera située à la lisière de l’éco-quartier pour en faire un équipement fédérateur entre ceux qui habitent déjà et ceux qui arrivent.

Situation de l’îlot dans l’écoquartier - Visuels : © Staccato / Plaine Commune

 

L’ECOQUARTIER FLUVIAL réserve dès sa première phase une parcelle pour permettre à une quinzaine de familles d’imaginer et de programmer leur mode d’habiter ensemble et chacun chez soi. Le groupe réunira des personnes portées par « le faire ensemble » et souhaitant construire des liens de voisinage pour co-concevoir leur immeuble.

LE RÔLE DE RABIA ENCKELL ( COURTOISIE URBAINE )

>> favoriser l’émergence du groupe d’habitants et oeuvrer pour sa « pérennité ».

>> animer pédagogiquement les rencontres de co-élaboration du projet dans une démarche d’habitat participatif, ce du stade « programmation » jusqu’à la construction.

>> apporter une expertise en maîtrise d’ouvrage immobilière  afin de rendre le groupe en capacité de décider en toute autonomie.

>> Accompagner les participants dans la formalisation de leur projet « individuellement »  et intégrer leur capacité financière tout au long de l’évolution du projet.

>> Assurer l’interface professionnelle avec les acteurs du projet urbain.

LES CHIFFRES CLES DU PROJET

– Période prévisionnelle d’émménagement des familles : 4ème Trimestre 2016

– Prix de référence d’acquisition hors stationnement* : 3450 euros TTC/m2 calculé sur la base de la surface habitable et la part de surfaces partagées bâties. 

Explication : Prix du logement** = 3450 €  X (Surface habitable + Surface partagée construite/nombre de foyers)

* Pour les familles ayant besoin de places de stationnement, celles-ci seront disponibles sous la forme d’une concession longue durée,  au sein d’une centrale de mobilité située à 130m de l’immeuble.

** Le poids des surfaces partagées sera ajusté tout au long de la définition du projet afin de respecter la capacité financière de chaque foyer. Aussi, le nombre de  familles que comprendra le groupe, une grande quinzaine, permettra de supporter en groupe des surfaces généreuses.

MODE OPERATOIRE
1-  Le terrain est  mis à disposition par l’aménageur SEM Plaine Commune pour accueillir un éco-habitat groupé. Il est situé dans l’éco-quartier et est de facto soutiré à toute spéculation foncière pouvant être exercée par un tiers. Le terrain ne bénéficie, par ailleurs, d’aucune décote foncière.
2- Le projet est imaginé, programmé et affiné par le « groupe d’habitant ».
Pour ce faire, il est accompagné par Courtoisie urbaine et dispose des temporalités nécessaires pour y parvenir.
Pour en savoir plus, Cliquez sur «  Gouvernance du projet et niveau de décisions du groupe ».
3- Le groupe Brémond, accompagné de son partenaire FRG, construira l’immeuble en conformité avec le cahier des charges du groupe. Ses équipes opérationnelles mettent en oeuvre le projet selon les modalités validées en amont avec l’aménageur de l’éco-quartier, SEM PLAINE COMMUNE, l’association du groupe d’habitants puis avec chaque foyer acquéreur de son logement.
Le groupe Brémond et son partenaire FRG, volontaires  pour la démarche participative,  construiront la totalité des immeubles de l’écoquartier dont ceux de logements sociaux, logements en accession libre et d’activités et bureaux.

2- « La copro ; peut mieux faire  »  –  Entretien avec Me Pauline Malaplate – Notaire

Me Pauline Malaplate est notaire à Annecy-Le Vieux (74), vit entre Paris et la Haute-Savoie et est portée par l’innovation sociale et sa transcription dans les espaces de vie. Alors que Le Monde titrait un article, dans sa version en ligne, « Habitat participatif, la copro de demain?" , Me Malaplate a bien voulu s’entretenir avec nous sur les vraies fausses limites de «  la copro à la française » .
Article réalisé avec la collaboration de Nathalie BOYER de PhotoPlume.

 

Rabia E. : – Dans l’habitat participatif, au patrimoine bâti et foncier,  s’ajoute une autre forme de patrimoine,  plus virtuel, celui de vivre ensemble. Comment le notaire peut-il garantir, dans le temps et par l’écriture,  ce « Patrimoine immatériel » et non moins fondamental ?

Pauline M. : – Nous, notaires, nous nous plaçons toujours « avant » pour aménager/installer « l’après », ce pour toute la durée de vie de l’immeuble. Il me semble que les fondamentaux du  «  vivre ensemble »  doivent faire l’objet d’un pacte entre les membres du groupe d’habitants avec un maximum de règles établies.

Rabia E. : – Comment pensez-vous accompagner en tant que notaire l’affirmation des projets d’habitat groupé et participatif comme «  la 3ème voie » du logement ?  Comment «  la copro à la française » qui repose essentiellement sur le règlement de la copropriété peut-elle porter cet élan ?

Pauline M. : – Dans une copropriété classique (valable dans tous les pays qui ont adhéré au droit romain), vous avez dans un « immeuble » des parties privatives et des parties communes. Les caractéristiques des parties privatives vous donnent droit à des « millièmes » dans les parties communes. Le règlement de la copropriété, obligatoire, par ailleurs, incarne cette idée et fixe, en conséquence, les obligations et droits de chaque co-propriétaire pour le bon fonctionnement de l’immeuble. Pour l’habitat participatif, il nous faut  inventer des outils, des écritures complémentaires au simple règlement de copropriété, qui est très technique. Il faudra également prévoir une implication assez en amont du notaire et un temps d’échange et d’écoute  plus important avec les membres du groupe d’habitants.

Rabia E. : – Pour l’habitat participatif, les parties communes incarnent un autre modèle de partage et régissent une organisation davantage centrée sur « la collectivité » que sur le «  capital en millièmes » de chacun de ses membres. Pensez-vous que ceci est toujours compatible avec un règlement de copropriété ?

Pauline M. : – Tout cela peut s’encadrer et « s’écrire ». Le règlement de copropriété ne l’empêche pas tant que l’ensemble des membres du groupe y adhèrent. Ils ont dès le début pris un engagement moral et co-portent l’idée. Je trouve, dans l’absolue, que le fait que tout soit égal sur les parties communes est une valeur ajoutée forte pour la vie de l’immeuble.

Rabia E. : – Et qu’adviendra t-il de ces acquis en cas de revente ? L’arrivée des nouveaux suscite toujours l’inquiétude auprès de ceux qui restent et on peut imaginer que ceux qui n’étaient pas à l’origine du projet soient moins portés par l’esprit des lieux ? Une charte de « revente » peut-elle être une solution ?

Pauline M. : –  Pour vendre, il faudrait que «  le vendeur » coopte des personnes qui adhèrent à l’esprit reignant. La charte est un outil, certes, mais son applicabilité n’est pas garantie. Je pense que le pacte, à l’image d’un pacte d’ «   associés » ou de « coopérateurs » peut régir ces aspects en intégrant un protocole qui ne va pas jusqu’à définir un « agrément du futur acquéreur » mais qui assure la cooptation d’acquéreurs ayant la même conception du  «  vivre ensemble ».

Le notaire chargé de réaliser la vente aura, par ailleurs, un grand rôle pour s’assurer de la mise en oeuvre des accords du pacte et pour trouver une solution aux situations de blocage, si blocage il y a. Il encadre juridiquement un contrat dans l’idée de la paix des familles.

Rabia E. : – Et qu’en est-il des services ? Ceux-ci sont plus variables et leur utilisation diffère sensiblement d’un foyer à un autre ? Pensez-vous que les familles accepteraient de porter collectivement des services qui ne seront pas utilisés avec la même intensité ?

Pauline M. : –  C’est plus difficile dans les mentalités, je confirme.

Rabia E. : – Devrions-nous accepter cette «  fatalité culturelle » en limitant les services au sein d’un immeuble ; ça n’est pas l’esprit de ce type de co-habitat !

Pauline M. : –  Je ne suis pas inquiète pour la première communauté d’habitants qui saura, si elle est solide , trouver la solution qui lui convient. C’est le renouveau au sein de l’immeuble qui peut engendrer des dysfonctionnements liées à des abus ou des sous-utilisations. Il faudra je pense associer à chaque service des outils de gestion adéquats et des techniques de «  relevés d’utilisations »,  à installer de suite ou pouvant l’être un jour.

3-   L’En-commun commence par les mots : un peu de lexique

Extrait  de «  L’habitat participatif : une solution pour le logement abordable », CETE DE LYON (mars 2013)

Habitat groupé : Tout projet et réalisation d’habitat ayant des parties communes collectives et des parties privatives à l’instar d’une copropriété collective avec un projet de vie collectif. « Par la notion de GROUPE, ce terme met l’accent sur le projet de vie collectif » (Bruno Parasote, 2011).

 

Habitat  participatif : C’est avant tout un processus de conception et de gestion de l’habitat, au sein duquel, les futurs habitants sont invités à collaborer à l’émergence du projet et à la finalisation des plans intérieurs des logements. L’habitat participatif peut être réalisé par un tiers, sous un contrat de promotion classique ou en autopromotion.
 
 

 Habitat  coopératif L’objectif principal de cette forme d’habitat est de s’extraire des mécanismes spéculatifs et marchands liés au logement. Il s’agit d’une forme différente de propriété de l’habitat en proposant une alternative à l’habitat locatif et à l’accession individuelle. L’habitation, composée de logements et de parties communes, est la propriété de la société coopérative. Les résidents, détenteurs de parts sociales de la coopérative  sont aussi locataires des lieux avec un usage exclusif sur les espaces dédiés à leur logement.

4-   La paille dans la construction

La paille dans un contexte urbain, pour un logement collectif de plusieurs étages ! Quelle idée !  

Je n’aurai pas développé cette rubrique si le sujet n’avait pas été impulsé par les foyers que je rencontre dans le cadre du projet d’habitat groupé à L’ÎLE-SAINT-DENIS.

Un petit tour sur le site des Compaillons, le réseau français de la construction en paille et on abandonne vite, preuve à l’appui,  quelques préjugés d’Homo urbanussur un pur « produit » de  la campagne.

En effet ;

– la paille ne sent pas mauvais et, elle assure de surcroît, aux riverains du projet, un chantier propre et calme, contrairement à des matériaux plus classiques.

– prise en sandwich entre les enduits externes/internes, les bottes de paille deviennent physiquement inaccessibles aux rongeurs

– la paille est assez solide pour traverser le temps (la plus ancienne construction date de 1921).

– la paille brûle moins rapidement qu’une maison classique. Associée souvent à une structure bois dont la calcination des premiers mms protège les parties structurelles (contrairement à une structure béton), la paille est tellement compressée qu’elle ne permet pas l’oxygénation. (En images le test au feu de l’école en paille à Issy-les-Moulineaux (92))

– l’utilisation de la paille dans la construction neuve est normée et est régie par des «  règles de l’art » établis. En effet, ces règles applicables depuis le 1er janvier sont reconnues par l’Agence de Qualité Construction, organisme de référence pour les assureurs.

– une construction en paille mixée à une structure en ossature  bois (DTU 31,2) obtient une assurance décennale comme tout autre type de construction. Dans ce cas la paille est un isolant thermique, phonique, naturel et non coûteux.

Les projets avec des bottes de paille porteuses peuvent avoir  des difficultés à obtenir une assurance décennale à cause de l’absence d’un D.T.U,  mais ceci devra très vite évoluer avec les travaux et recherche avancés avec le CSTB.

Plusieurs réalisations en paille existent en france et sont assez récentes pour la plupart :

– un immeuble en R+7 dans les Vosges, 26 logements, labellisé Passiv Haus (12 mois de chantier contre les 16 à 17 mois habituels ! 2013)

– un groupe scolaire en paille dans le Fort d’ Issy-Les-Moulineaux (2013)

 

J’ai pour ma part fait l’expérience d’une maison construite en paille à Korpoström,  une île  perdue dans l’archipel finlandais (celui oriental précisément). Construite en 2009 à l’initiative de sa propriétaire,  Antonia RINGBOM créatrice de films d’animations, la maison-atelier traverse des hivers rudes et est exposée à des grands pics de chaleur l’été (jusqu’à 30°C).

L’ambiance d’un intérieur de murs en paille est fondamentalement différente de celles  « ailleurs » ; la chaleur y est enveloppante, bien répartie aux quatre coins des pièces. Le son est absorbée par les murs épais en paille. La coupure phonique avec l’extérieur est exceptionnelle. L’enduit  sculpté par la texture de la paille nous projette dans un imaginaire doux et chalereux.

La suite en photos….

eCohabitat groupe de L’ile-saint-Denis

Au coeur de l’éco-quartier fluvial, 16 à 18  foyers imagineront leur mode de vie éco-responsable et solidaire. Le projet est au stade de constitution de groupe d’habitants.  Un terrain (l’îlot Pb4 a) est réservé pour recevoir cette « autre » façon d’accéder à son logement. Elle sera complémentaire aux autres formes d’habiter sur l’éco-quartier et sur L’île-saint-Denis en général.
 
Nous contacter pour plus d’informations.
 

 

08 JUIN 2013 à L’ÎLE-SAINT-DENIS
Péniche navigant sur le petit bras de la Seine, au nord de l’île

 

L’île-saint-Denis est située  au coeur du territoire de culture et de création. Sur l’ensemble des 9 communes qui donnent forme et vie au territoire de Plaine Commune, la culture est un art de vivre ensemble et la création,  un outil pour faire autrement. Il en découle une richesse humaine et patrimoniale unique ! 
 
 L’écoquartier fluvial est situé en face de la cité du cinéma et sera relié au quartier Pleyel par une passerelle Bus et vélo dès 2017.
Il est, certes, peu probable que vous rencontriez Luc Besson sur votre chemin – quoi que 😉 – mais ce bel édifice respire,  au même titre que « le 6b », « la Briche », « La villa mais d’ici »… la force créative.identitaire du territoire.
 
Une « place des Arts »  est programmée pour mettre en musique plusieurs équipements culturels tels que des ateliers collectifs, un cinéma de plein air, des lieux créatifs pour le théâtre, une médiathèque…

Le 14 novembre aura lieu l’atelier d’information sur l’offre en logements de l’écoquartier. Le projet d’habitat participatif sera également présenté.

 

 

ActLab, le chantier d’innovation en upcycling de l’écoquartier ©PhotoPlume

Le groupe est en cours de constitution : 

Il rassemblera des individus et foyers aux parcours singuliers mais fédérés autour d’une même idée : «l’immeuble est le lieu d’expression de la convivialité, du partage et d’actions collectives auto-décidées, responsables et solidaires».

La capacité de chacun à tisser des liens, à partager ses idées et à s’enrichir de celles des autres ; constituent la matrice d’un projet « ascendant ». (par opposition à un projet subi).

Le groupe est accompagné dans sa démarche par Rabia ENCKELL pour jalonner la démarche participative.

Le  processus participatif : 

 

DES BALADES  A PIEDS ET EN VELO sont organisées avec « Accueil Banlieue ». J’ai moi même (Rabia E.) appris à regarder ce territoire à travers les Hommes qui le font. Ces balades sont des moments de rencontres et de découverte d’un patrimoine paysager et bâti et surtout HUMAIN.

Découvrir le mode de vie apaisé de l’éco-quartier – ©Clé

Comprendre le Territoire, avec M. de  Accueil Banlieues – ©Clé

S’éveiller à l’Upcycling avec Océane de Déchets D’Art- ©Clé

La lettre de septembre 2013

AU SOMMAIRE

Interview avec Daniel JAUNAS de «  La Fonderie (1) » a VANVES
Ailleurs, pour nous inspirer ici
Nos projets en cours

 

INTERVIEW AVEC DANIEL JAUNAS

(1) En 1977, trois couples émettent le souhait de trouver un nouveau cadre de vie pour eux et leurs enfants. Dès lors, ils constituent un groupe en 1984 avec dix autres familles. La recherche d’un terrain aboutit au site d’une ancienne fonderie de Vanves (92). Quatre ans plus tard, après beaucoup de travail, les familles emménagent à La Fonderie. 

Daniel Jaunas, membre du groupe d’habitants à l’initiative de la Fonderie, partage son vécu sur ce lieu, lors d’une rencontre avec Rabia Enckell, Pro moteur de courtoisie urbaine.

Par Nathalie BOYER

 

Rabia E. : – Vous connaissiez-vous, entre familles, avant de vous lancer dans le projet ?

Daniel J. : – C’était le cas pour le groupe initial composé de trois familles et qui habitaient Paris 15ème. J’ai, pour ma part, été le dernier à rejoindre le groupe. Nous avons, par ailleurs, beaucoup œuvré pour le développement d’une relation amicale entre nous avant de nous installer dans « les espaces », quatre ans plus tard. Cette période a été très sympa. Nous nous rendions beaucoup de services. Nous avons appris à bien nous connaître. J’habitais Issy-Les-Moulineaux, une famille habitait Vanves, deux familles habitaient Paris, une à Sainte-Geneviève et une le Pré-Saint-Gervais.

 "Nous avons appris à bien nous connaître » Fond de photo "la fonderie" - ©Rabia E.

Rabia : – Et comment avez-vous procédé ?

Daniel J. : – Pendant toute la période de réflexion sur le projet, on se voyait quasiment toutes les semaines à raison d’une soirée hebdomadaire. On organisait un week-end par mois, le samedi ou dimanche ou les deux jours à Paris ou dans un gîte du côté d’Orléans, de la Picardie, de Reims, ou en Normandie…

Rabia : – Jeunes, les enfants ne participent pas réellement au projet. En revanche, je suis persuadée que ce type de lieux de vie influence leur enfance.

Daniel J. : – Ma fille M. avait cinq ans quand on a intégré le collectif et neuf au moment de l’emménagement. Elle s’est tout de suite  rapprochée d’une autre gamine qui avait trois mois d’écart.  « La fonderie » restera le lieu de leur enfance  où elles invitaient leurs copines du quartier. Je me rappelle de l’une d’elle qui a trouvé refuge dans l’immeuble pendant la séparation de ses parents.

Rabia E. : – Justement, dans l’absolu, la communauté n’est-elle pas un facteur de stabilité pour tous, petits et grands ?

Daniel J. : Si bien sûr.  C’est certain. Nos enfants vivaient et évoluaient ensemble. Deux baby-sitters, un garçon et une fille, assuraient  la sortie de l’école,  tous les jours,  de 16h30 à 19h30. A ce jour, seulement deux personnes – dont moi pendant quatre ans avant de revenir – sont parties à cause d’un divorce. Les autres couples de la Fonderie ont passé tous au moins vingt cinq ans de vie commune.  J’ai questionné les différents autres habitats. Il n’y a jamais eu beaucoup de divorces. Nous sommes très largement en dessous des moyennes des divorces en France (un tiers des couples) et encore plus à Paris (un couple sur deux). (Rires).

Mais j’avoue que chacun de nous a eu beaucoup de chance en n’ayant pas besoin de faire face, tout seul ou en groupe,  à des soucis majeurs (maladies, accidents, chômages, deuils…). On ne peut pas dire qu’on a vraiment testé notre solidarité mais je suis sûr qu’au sein du groupe, on aurait pu compter les uns sur les autres pour faire face à ce genre d’évènements.

On a, par ailleurs, accompagné les évènements heureux personnels et professionnels de certains d’entre nous. Trois habitants ont, par exemple,  créé leurs entreprises et assuré leurs premières réunions de conseils d’administration dans la salle commune de la fonderie.

Rabia E. : – Une séparation est-elle plus délicate à gérer dans ce type de lieu de vie, plus collectif qu’ailleurs ?

Daniel J.: – Absolument ! Je l’ai vécu. Le groupe a vécu mon divorce comme une trahison. On pourrait penser que j’ai divorcé avec le groupe ! Je suis revenu à la Fonderie quatre ans plus tard, mon ex-épouse ayant déménagé et il a fallu reconstruire les liens.

Rabia E. : – S’agissant des espaces,  comment avez-vous géré la salle et l’appartement commun ? Comment  arrêtiez-vous des décisions communes ?

Daniel J. : – On ne s’est pas vraiment posé de questions. On avait tous accès aux espaces en commun (chambres d’amis, salle polyvalente, jardin…) et les choses se mettaient en place d’une façon très spontanée.

 « les choses se mettaient en place d’une façon très spontanée » - ©La Fonderie

Rabia E. : – Vous n’aviez pas établi de règlement de copropriété ?

Daniel J. : –  Non. Toute la vie de l’immeuble fonctionne sans règlement.  Tout le monde paye exactement pareil et décide ensemble.

Rabia E. : – Est ce la transcription de  l’idée « un homme, une voix »?

Daniel J. : – « Un homme, une voix »… Je comprends l’idée mais nous avons opté pour l’unanimité. C’est un principe que nous avons réussi à tenir. Je pense qu’une proposition adoptée à la majorité peut générer des frustrations chez ceux qui n’ont pas adhéré. Dans les décisions prises à la majorité, il y a tout de même un rapport de force. Quand on travaille à l’unanimité, on prend le temps de bien se mettre d’accord les uns avec les autres. L’unanimité fonctionne quand tu fais des réunions fréquentes, mensuelles ou quasi mensuelles. Ce que nous avons fait jusqu’à l’an 2000.

Rabia E. : – Quand vous êtes arrivés en 1987, tu étais le premier à t’installer en janvier.  Les derniers emménagements ont eu lieu en juillet de la même année. Une communauté qui s’installe a t-elle envie de s’ouvrir sur la ville ?

Daniel J. : – Vivre dans un habitat partagé, c’était s’ouvrir sur la ville, c’était clair. On l’a fait très rapidement. L’habitat participatif est différent aujourd’hui car les gens sont moins politisés. Nous, anciens soixante-huitards, nous l’étions beaucoup plus. On est connu par les associations qui ont souvent eu besoin d’une salle. La solution de secours était chez nous. Les associations de Vanves nous connaissent. On est accueillant. On est un centre de ressource.

Notre salle commune est juste en face d’un café. Le café a une sortie qui donne sur le côté de La Fonderie avec une porte mitoyenne. A notre initiative ou celle du café, nous avons  fait des fêtes communes.

 « Pour les associations, la solution de secours était toujours chez nous » - ©Rabia E.

R : – Quand il souhaite succéder à une famille dans ce type de résidence, l’acquéreur vient -il d’abord chercher le groupe ?

Daniel J. : – Je ne sais pas réellement. Ce qui est sûr : « Tu n’as pas le droit de t’installer et de ne pas dire bonjour à tous tes voisins ». On a une salle commune et des réunions. Il y a un code qu’il faut appliquer comme prendre des nouvelles des voisins … Cela peut paraître artificiel, mais c’est important. Sinon, ce n’est pas parce qu’une personne a vendu que cela change. Ce n’est pas comme si dix personnes vendaient en même temps.

 

AILLEURS POUR NOUS INSPIRER ICI

Marketta PIIK, habitante d’une résidence à Munkkiniemi, un quartier au sud ouest de HELSINKI (FINLANDE), nous a ouvert les portes des espaces partagés entre voisins.

L’espace est situé au  niveau d’un demi sous-sol. Il est grand, propre, aéré et éclairé naturellement. Il est ouvert de 9h à 20h, toute la semaine. Les tarifs d’accès sont définis pour couvrir les frais d’entretien des espaces: 3€/1h – 5€/2h.

(Pour info : prix ticket tramway à Helsinki = 2€ )

Les espaces sont grands et permettent l’installation, sans se gêner, de plusieurs voisins en même temps. Ici, les salles ne sont pas fermées mais les résidents se réservent le droit de les fermer, s’ils le souhaitent.

Les machines sont d’une gamme professionnelle et à fonctionnement instinctif. Les salles de séchage peuvent être ventilées naturellement l’été et bénéficient d’un système de séchage économe (une simple résistance sur air extrait) et performant en saisons froides. L’espace offre même l’accès à une mangle manuelle.

Un concierge assure le lien avec les sociétés d’entretien,  en fonction des incidents signalés par les usagers.


Situé au niveau d’un demi sous-sol d’un autre bâtiment voisin, l’espace sauna se réserve par tranche de 2h/foyer. Inscrit culturellement dans les habitudes des finlandais, l’espace sauna est un vrai espace de méditation qui doit rester, propre, fonctionnel et épuré.

La réservation se fait auprès du concierge qui se charge de le mettre en chauffe. L’espace d’entrée au sauna est différent de celui de sortie afin que l’accès demeure fluide et que les familles ne se gênent pas mutuellement.

 

NOS PROJETS EN COURS

L’éco-quartier fluvial de L’ÎLE-SAINT-DENIS met à la disposition, d’un groupe de foyers, une parcelle pourla construction d’un immeuble résidentiel participatif. Le groupe d’habitants est en cours de constitution.

16 à 18 foyers (familles, personnes vivant seules, couples, simples co-habitants) disposeront du temps, outils et accompagnement nécessaires pour imaginer et programmer leur mode d’habiter ensemble et chacun chez soi.  Le groupe définira, à travers des ateliers,  ses besoins en espaces et services partagés, incarnera un engagement pour l’environnement et construira une culture architecturale commune et à leur image.

L’imaginaire:

– La capacité de chacun à tisser du lien.

– Ces rencontres qui incarnent notre conception du vivre ensemble…

– Vivre un projet ascendant (à partir des aspirations des habitants acteurs de leur espaces de vie)

Le moteur : le groupe

Chacun souhaite rompre avec la logique « j’acquière, tout seul dans mon coin, un logement fini, prêt à la consommation » au profit d’une logique «  l’immeuble est le lieu d’expression d’une action auto-décidée, collective, responsable et solidaire ».

Le support :

Promoteur de courtoisie urbaine (Rabia ENCKELL) pour accompagner les groupes  en mode « ateliers d’intelligence et de décisions collectives » + l’ensemble des acteurs publics et privés de l’éco-quartier fluvial. Le projet fera partie des premiers projets à mobiliser l’ensemble des acteurs privés et publics de la ville durable.

Pour en savoir plus

Une balade en mai 2013

 

Au sommaire:

Une balade urbaine du Bas vers le Haut Montreuil – 24 avril 2013

 

 

Bandeau3 Newsletter Janvier 2013

Les curiosités de janvier 2013

Au sommaire:

Ailleurs pour nous inspirer ici

Mes petites sensibleries

L’aventure d’un mot

AILLEURS, POUR NOUS INSPIRER ICI

SARGFABRIK // Vienne (AUTRICHE) // Résidence pour 73 familles // Auto-promotion sur le site d'une ancienne fabrique de cercueils en plein centre de Vienne // Architecte BKK-3 

L’histoire

Naissance de l’idée: en 1986 autour de trois familles, moteur du projet  Constitution en 1987 de l’association « VIL  ; Verein fûr Integrative Lebensgestaltung »  ; soit  l’association pour un mode de vie intégratif (celui qui ne rejette personne) dont l’objet est la création d’un projet résidentiel et culturel. La culture est un (autre) levier d’intégration.

Identification du site: 1992  

Conception + réalisation: de 1992 à 1996 (2 ans de travaux)

Les 110 adultes et 45 enfants sont tous entrés dans les lieux en même temps, en Juillet 1996)

Programme: 5000 m2 de S. habitées+ 2000 m2 de S. partagées

Densité: 116 Logements/Ha.

Le mode operatoire

L’association « VIL =  prend très rapidement la forme d’une coopérative d’habitat et de service. Elle acquière l’ancienne usine, conduit sa démolition et développe le projet immobilier résidentiel et culturel. Chaque coopérateur est, en quelque sorte, « copropriétaire de l’ensemble » mais n’est pas propriétaire stricto sensu de son logement.

Des quote parts régissent les dépenses ainsi que le remboursement du prêt global. 90% des membres ont été identifiés au démarrage de la conception. Une liste d’attente a donné naissance à un projet voisin appelé Miss Sargfabrik (40 logements, livraison en 2000). Ces résidents voisins accèdent aux équipements de Sargfabrik,  qui se sont avérés sur-dimensionnés.

La gestion, les budgets de fonctionnement ainsi que les évolutions de l’immeuble sont décidées collectivement à travers deux assemblées générales organisées annuellement. La communauté habitante de Sargfabrik et de Miss Sargfabrik , a créée 20 emplois locaux, pour la gestion du centre culturel, du café restaurant, de la garderie, des espaces privatifs et recevant du public.

La residence de l’interieur

Des espaces partagés réservés à la communauté habitante un jardin d’eau + un toit terrasse + des mini-espaces ouverts ou construits (paliers + laveries + bibliothèque + un coin multimédia + une grande cuisine + un espace, à la fois, salle à manger et salle de projection) + une salle des bains.

Le jardin d’eau

Le toit-jardin comestible

La salle des bains

L’apparition de cet équipement est très forte de sens. Ce complexe de bien être (sauna finlandais, espace de massage, tepidarium, baignoires…) a été rendu possible:

– spatialement,  grâce à la renonciation à des places de parking par certaines familles qui ont décidé, en phase conception,  le recours à l’auto-partage.

– financièrement: la grande majorité des familles avaient renoncé à la baignoire dans le logement. Celles qui la conservent, en supportent les frais.

La salle des bains profite à tous les enfants accueillis à la garderie, résidents ou pas de l’immeuble.

Des espaces partagés devenus équipements structurels pour le quartier

Le « Sargfabrik Kulturhaus » = centre de diffusion culturelle

La garderie

Cet espace de garde et de suivi périscolaire accueille les enfants de la résidence et du quartier,  âgés de 3 à 10 ans. Les parents sont impliqués dans la gestion et le programme pédagogique.

 Le café restaurant + la salle de réunion accessibles aux résidents et aux riverains.

 

Bibliographie  www.sargfabrik.at // ba1atelier1213.wordpress.com // www.wohnmodelle.at // http://vienez.wordpress.com // Debarre Anne, « Co-habitats dans la ville aujourd'hui », Cahiers philosophiques, 2009/2 N° 118

 

MES PETITES SENSIBLERIES

Le collectif Encore Heureux // Collection «  À LA RECHERCHE D’ÉLEMENTS IMAGINAIRES POUR L’ARCHITECTURE » - 2006 // 10E EXPOSITION INTERNATIONALE D’ARCHITECTURE DE VENISE // P.14

Les professionnels de l’architecture ont tendance à ignorer, voire rejeter toute forme d’expression de la vie domestique, celle naturelle, qui concerne et concernera le commun des mortels. Pourquoi doit-on continuer à dénoncer les parasols publicitaires, le linge qui sèche, le bout de balai qui dépasse…?

Et si l’expression de la vie domestique devenait un volet structurel dans le processus de conception. Il en sortirait des éléments architecturaux et des espaces capables d’intégrer les moments de la vie courante et de les sortir de la clandestinité.

 

L’AVENTURE D’UN MOT

Courtoisie urbaine

Les mots voyagent avec nous. Il  s’accordent avec nos humeurs, formalisent nos convictions, puisent dans nos propres histoires. Dans ma valise,  je transporte précieusement le mot « courtoisie ».

Urbaine, la courtoisie est un esprit, un idéal pour la construction des lieux de vie. Les temps d’écoute, d’empathie et d’implication sont aussi importants que ceux de l’expertise. La courtoisie dans l’acte urbain est capitale tant elle implique fondamentalement  l’ «  Autre » et organise, intrinsèquement, le « Vivre ensemble ».